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18 May 17

Échange entre planteurs : quand les Pays-Bas rencontrent l’Ethiopie !

Plantons pour la planète

Du 22 au 30 octobre dernier, Lex, en charge du programme de plantation aux Pays-Bas est parti découvrir l’ONG “Green Ethiopia” et rencontrer Kurt afin d’échanger sur les méthodes novatrices et durables de plantation. Il nous livre ses impressions et ses découvertes…

  • Et si vous vous présentiez en quelques mots?

Mon nom : Lex Roeleveld, agronome et zoologue. J’ai travaillé plus de 20 ans dans la coopération technique, surtout en Afrique de l’Ouest et de l’Est, en Amérique Latine et en Chine, principalement dans le domaine de la gestion des ressources naturelles.

Je suis le responsable du projet Plantons pour la Planète pour l’association Heg & Landschap en Hollande, association nationale de plantation de haies. Je suis le partenaire néerlandais de la Fondation Yves Rocher, et je travaille notamment avec Sophie Thomasset, chargée du programme Plantons Pour la Planète de la Fondation Yves Rocher – Institut de France.

  •  Quel était l’objectif de ce voyage en Ethiopie?

Je me suis rendu en Ethiopie accompagné de Jean-Philippe Beau-Douëzy, consultant en écologue pour la Fondation Yves Rocher, ainsi que de Kurt Pfister, président de l’ONG suisse « Green Ethiopia », qui propose d’apporter une solution durable à la pauvreté en améliorant l’alimentation et la qualité de vie de la population éthiopienne grâce au reboisement et à une gestion améliorée de l’eau, en étroite collaboration avec les communautés paysannes.

Le but du voyage était de découvrir un nouveau projet que le mien et d’échanger autour d’idées et de techniques avec un autre planteur : Kurt Pfister. Ce fut ma 1ère visite en Ethiopie et l’une des plus impressionnantes et encourageantes par rapport à mon travail en Afrique ou ailleurs !

  • Qu’avez-vous appris sur le terrain?

L’Ethiopie connait une très forte et vaste érosion du sol. C’est pourquoi Green Ethiopia appuie depuis 16 ans les efforts locaux pour stopper l’érosion qui a baissé, restaurer les sols et la disponibilité de l’eau. L’érosion du sol abaisse la productivité de la terre et contribue à la pollution des cours d’eau et des terres humides. Ces efforts immenses devront améliorer la productivité agricole, la disponibilité d’eau et de bois. L’objectif est d’améliorer la vie des populations rurales et de sauvegarder celle des générations futures. Ce projet s’inscrit dans le programme national du gouvernement éthiopien et est réalisé par la population locale avec l’appui technique des agents locaux. La plantation d’arbres s’insère dans un plan d’aménagement des bassins versants. Avant la plantation, la population décide de clôturer un bassin pour un certain temps, et réalise des travaux anti-érosifs à grande échelle. Incroyable!

“Les arbres plantés sont choisis pour leur adaptation aux conditions locales et leurs qualités écologiques et agronomiques.”

Ensuite, des arbres de différentes espèces (la plupart indigènes), sont plantés. Les arbres sont choisis pour leur adaptation aux conditions locales et leurs qualités écologiques et agronomiques. Ce sont des arbres produits localement dans des petites pépinières.

Nous avons visité des projets dans le Tigray, la région au nord du pays proche de la frontière avec l’Erythrée. Nous avons marché sur plusieurs kilomètres pour mieux connaître le terrain, visité des plantations, des barrages et des vergers. Nous avons partagé des repas avec des paysans, des gardiens, des chefs locaux, des agents et responsables régionaux des ministères. Ce fut un séjour chaleureux, plein d’énergie et de curiosités! J’ai pu me faire une bonne idée de l’approche du projet par les partenaires de Green Ethiopia.

 

  • Quelles sont vos constatations les plus marquantes ?

Pendant la visite, j’ai constaté de très bons résultats. D’abord, le taux de survie élevé des arbres plantés : grâce à la clôture et aux aménagements, ils poussent malgré les conditions climatiques aléatoires. La différence de la couverture végétale (herbe, arbustes, arbres) entre les terrains non-clôturés, clôturés récemment ou clôturés il y a plusieurs années, était flagrante. Par exemple, une colline à Adwa clôturée et reboisée il y a 10 ans s’est développée en bosquet tandis qu’une colline non-clôturée à côté était très dégradée.

Plusieurs agriculteurs nous ont appris que le ruissellement avait vite diminué après la mise en place du projet car l’eau de pluie s’infiltre mieux dans le sol. Il y a par conséquent moins de dégâts dans les champs de culture et de meilleures récoltes.

“Grâce au reboisement, les animaux reviennent, favorisant la faune et la biodiversité.”

Une des observations la plus importante que j’ai relevée sur une colline récemment reboisée était le bruit des oiseaux et des insectes, surtout des abeilles. Grâce au reboisement, les animaux reviennent, favorisant la faune et la biodiversité. Les agriculteurs mentionnaient également le retour des singes et de l’hyène !

“La production de miel est redevenue possible, générant ainsi des revenus pour la population.”

Sur des collines aménagées il y a quelques années, nous avons aussi observé des ruches. La production de miel, produit traditionnel de la région, est redevenue possible grâce au reboisement, générant ainsi des revenus pour la population.

A l’avenir, la clôture d’un bassin sera levée, tandis qu’un autre bassin versant sera clôturé pour la restauration. Les arbres plantés seront exploités pour leurs fruits, leur bois, etc. Les champs seront cultivés en intégrant plus d’arbres et d’herbes vivaces.

 

  • Quelle est votre impression sur le programme de Plantation d’arbres soutenu par Green Ethiopia?

Mon impression sur la démarche et les résultats du programme de plantation d’arbres soutenu par Green Ethiopia dans la région de Tigray est très positive. C’est un programme dont la vision est claire et stratégique et qui fonctionne maintenant depuis 16 ans. Il est effectué par des éthiopiens et génère de très bons résultats visibles.  L’engagement de la population, les agents de l’office d’agriculture et des ressources naturelles et Green Ethiopia pour régénérer de vastes surfaces de terres dégradées est extraordinaire.

Jamais je n’avais vu des résultats aussi bons dans ce domaine, avec la conviction que les résultats acquis seront durables !

Je rapporte aux Pays-Bas des souvenirs d’un beau voyage et cela m’encourage dans nos activités. Nous devons  intégrer plus d’arbres dans notre agriculture qui est très intensive mais non durable. L’engagement, l’énergie et la joie des gens à Tigray m’ont fortement inspiré.

“L’engagement de la population pour régénérer de vastes surfaces de terres dégradées est extraordinaire.”

© Fondation Yves Rocher

Lex Roeleveld; d’Heteren, Pays-Bas

 

Pour découvrir le rapport : http://online.fliphtml5.com/szes/thqp/

 

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