Amazonie et déforestation, le combat des populations

L’Amazonie en danger

L’été 2019, de gigantesques feux au Brésil ont défrayé la chronique. Les yeux se sont alors braqués sur la forêt amazonienne en péril. Quelques mois plus tard, nous sommes allés dans la région d’Altamira en Amazonie pour prendre le pouls de cette forêt à l’agonie.

Bien avant les images effrayantes de la forêt australienne et de sa faune dévastées par les flammes insatiables, cet hiver, celles de l’Amazonie en feu durant tout l’été sont venues percuter notre conscience, nos cœurs et nos âmes.

Le poumon vert de la planète suffoque.

Des semaines durant, le monde entier a regardé, impuissant, ce trésor de biodiversité se consumer. La situation déjà critique depuis des années s’est aggravée avec l’arrivée du président Jair Bolsonaro au pouvoir, au début de l’année 2019. Le nouvel homme fort du pays est soutenu par les puissants lobbies agroalimentaires et les grands fermiers avides de toujours plus de terres à conquérir et à cultiver. Dès son élection, Jair Bolsonaro s’est opposé à la politique de protection des populations indigènes et de l’environnement.

Un trésor trop convoité.

Les conséquences ne se sont pas faîtes attendre. En quelques mois, les surfaces dévastées par la déforestation ont doublé. Pour la seule année 2019, 10 000 km² ont disparu contre 4 700 km² en 2018.

Le lourd tribu payé par les Amérindiens.

Pour arriver jusqu’au village de la communauté Xikrin, il faut s’enfoncer 14 heures durant, dans la jungle. Au bord de la rivière où quelques familles se sont installées, les Xikrin tentent de vivre isolés sur un territoire réservé. La vie semble paisible, mais, l’ambiance est en réalité électrique. Les hommes du village et Bakoro, le cacique, affûtent leurs armes et dessinent sur les corps et les visages des peintures de guerre.

Amazonie communauté Xikrin se bat contre son patrimoine forestier en péril

Ils se préparent à aller à la rencontre des contrebandiers blancs repérés quelques jours plus tôt sur leurs terres. Le chef prend la tête de cette équipée hostile qui avance dans la dense végétation à coups de machette. Le visage fermé, Bakoro nous confie ses inquiétudes car certains braconniers peuvent se montrer violents. Mais il se tient prêt à user des armes pour défendre sa forêt. « Nous avons toujours été confrontés aux problèmes de déforestation dans nos réserves. Nos terres sont délimitées mais ne sont pas respectées. On ne nous écoute pas. Nous sommes heureux que vous soyez à nos côtés aujourd’hui, dit-il en s’adressant à nous. Quand vous rentrerez en France vous pourrez dire au monde notre situation. Nous n’avons que vous. ». L’homme se dit inquiet pour les générations futures qui risquent, selon lui, d’être expulsées de ce sanctuaire paradisiaque.

Avec l’exploitation des richesses de la région, la production de soja, l’élevage intensif du bétail, l’homme blanc avance sur notre forêt et détruit notre habitat.

Amazonie en danger la communauté Xikrin se bat contre la déforestation

Après deux heures de marche au cœur de cette végétation épaisse, le petit groupe armé de dérisoires machettes, arcs et fusils de chasse, ne peut que constater, impuissant, les dégâts. Les braconniers sont partis mais, en quelques jours ils sont parvenus à défricher une parcelle de cette terre Xikrin. Bientôt, ils vont ensemencer de l’herbe pour faire paître leur bétail sans que les autorités n’interviennent.

Un patrimoine en péril.

Bepkaeki, arc et flèches à la main ravale sa colère. A tout juste vingt ans, il a bien compris que les peintures de guerre sur son corps ne peuvent rien contre l’impunité de ces fermiers déterminés à produire plus au détriment de l’Amazonie, de sa biodiversité et de ses populations. « Nos armes ne nous aideront pas, lance le jeune homme amer. Mais je me bats en continuant à faire vivre ma culture, en peignant mon corps et en participant aux réunions avec les anciens pour apprendre les traditions et les faire vivre malgré nos difficultés. »


Juma est une femme fière. Elle porte avec dignité sur son visage les symboles de son ethnie, la tribu Chipaya. Mais Juma est aussi une femme aux aboies. Après plusieurs menaces et agressions physiques, la jeune femme vit cachée. Cette militante écologiste de la cause indienne est une proche du grand chef Raoni. Depuis de nombreuses années, elle dénonce un système mafieux qui détruit la forêt, l’environnement et les hommes. « L’Amazonie est en train de disparaître et ici, on ne peut rien faire car le pays est corrompu. La Funai*, les ONG et associations de défense de l’environnement prétendent défendre la forêt dans le seul but d’obtenir des moyens financiers qui sont ensuite détournés ». La gorge serrée, la jeune femme retient ses larmes et accusent les indigènes, eux-mêmes, d’être complices de ce système. « Beaucoup se présentent comme des victimes de la déforestation. En réalité, ils sont nombreux à y participer dans l’ombre, en laissant les fermiers brûler leur forêt en échange de contreparties financières ou même parfois pour de l’alcool. Ce qui nous arrive est terrifiant… c’est suicidaire. » Et la forêt amazonienne se meurt.

Amazonie communautés indigènes

* Organisme gouvernemental chargé de défendre les terres indiennes

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