dominique bona Académie française source d’inspiration fondation yves rocher

Dominique Bona

La nature à la page

Dominique Bona est une femme de lettres hautement reconnue (elle a reçu de nombreux prix littéraires prestigieux pour ses romans, elle siège à l’Académie Française) dont la bibliographie privilégie le genre biographique. Aujourd’hui elle nous parle de ses coups de cœurs littéraires et humains, en saluant tout particulièrement les initiatives Terre de Femmes.

Parmi toutes vos biographies, vous avez notamment écrit celle de Romain Gary. Dans Les Racines du ciel, nous suivons la vie de Morel et sa croisade pour sauver les éléphants. Qu’est-ce qui vous a touché dans ce livre ?

J’ai lu Les Racines du ciel quand j’avais 18 ans et cette lecture a changé ma vie. Elle a ouvert une fenêtre de ma petite vie tranquille et paisible. Les livres, c’est ma façon à moi d’agrandir mon horizon. À l’époque de ce livre on ne parlait absolument pas d’écologie, et pourtant, Les Racines du Ciel est un roman écologique avant la lettre car Romain Gary est un homme qui aime la nature… mais il aime aussi et surtout les hommes et les femmes. Dans le roman, les animaux ne sont pas seulement des éléphants, c’est comme s’ils étaient une espèce humaine. La croisade de Morel pour les éléphants, c’est aussi une croisade pour retrouver la grandeur de l’humain qui s’est déshonoré pendant la 2de guerre mondiale.

L’écologie ça n’est pas seulement aimer la nature, c’est aimer aussi l’humain

Qu’est-ce qui vous touche justement dans l’engagement pour préserver le vivant ?
On est plus humain si on aime la planète. C’est Romain Gary qui m’a aidé à le comprendre. Tout est lié, nous sommes partie de cette planète, et au-delà d’elle, c’est notre condition humaine qu’on protège. Si nous tuons cette planète c’est une partie de nous que nous tuons. Garder la planète vivante c’est garder ce que Gary appelle le « facteur humain », c’est-à-dire ce qu’il y a de meilleur chez nous. L’écologie ça n’est pas seulement aimer la nature, c’est aimer aussi l’humain.

Comment décririez-vous vos liens avec la nature ?
Moi qui suis quelqu’un qui vit beaucoup dans les livres, j’aime surtout la nature à travers eux. C’est mon caractère, j’ai toujours préféré rester entre quatre murs et rêver ma vie. Ce que je préfère, mon lien le plus évident avec la nature, c’est la Méditerranée. Mais autrement il ne faut pas m’imaginer en train de fleurir mon balcon ou d’arroser la pelouse, ça, je ne sais pas faire (Rires) ! Et c’est pourquoi j’ai une telle admiration pour les initiatives Terre de Femmes.

Justement, parlez-nous un peu du prix Terre de Femmes…
Je suis émerveillée quand je vois ces dossiers, une fois par an, grâce à la Fondation Yves Rocher : toutes ces femmes qui sont si généreuses de leur temps, de leurs forces, de leur énergie… Je suis devenue une inconditionnelle, emplie d’une admiration éperdue pour toutes ces entreprises individuelles.

Qu’est-ce qui est à l’origine de votre collaboration avec la Fondation Yves Rocher ?
L’Académie Française en a été l’origine, la Fondation Yves Rocher étant sous l’égide de l’Institut de France. Les académiciens sont répartis sur les diverses fondations ; je me suis retrouvée là un peu par hasard. Et j’ai découvert un monde que je ne m’attendais pas à trouver et qui était pour moi comme d’aller sur une autre planète, une planète verte. J’ai découvert qu’on pouvait aller très loin en restant très modeste. Car chez Yves Rocher, ce ne sont pas des tapageurs, ce sont des Bretons solides, sincères, passionnés.

Vous avez remis le prix Terre de Femmes en 2016. Quelle importance cela a eu pour vous ?
Ça a été très important pour moi, peut-être même plus pour moi que pour la Fondation (Rires) ! J’ai reçu énormément, des ondes très positives qui émanaient de ces femmes courageuses, entreprenantes, et pleines d’une foi vibrante pour l’avenir de la planète. D’une certaine façon je retrouvais un peu du Morel des Racines du ciel dans toutes ces femmes. Chacune à leur échelle et avec leurs propres moyens cherchent à améliorer le rapport de l’humain avec la planète.

La Fondation Yves Rocher donne enfin de la visibilité à toutes ces femmes si humbles et pourtant si courageuses.

Est-ce que pour vous les femmes ont un rôle particulier à jouer dans la préservation de la biodiversité ?
Si on veut rester dans le cliché – mais dans le cliché il y a toujours une part de vérité – il y a toujours eu, dans toutes les civilisations, un rapport entre la Terre et la femme. Je pense aux déesses-mères aussi bien de l’Antiquité gréco-romaine que celles des arts premiers d’Asie, d’Inde, d’Afrique… Mais il n’y a pas de séparation radicale avec les hommes. Ici en l’occurrence, c’est plutôt dans l’autre sens qu’il faut prendre les choses : c’est Yves Rocher qui donne aux femmes cette visibilité qui leur est souvent refusée. C’est bien que lumière soit faite sur ces femmes si humbles et si courageuses.

Tout ces projets ont ceci d’intéressant qu’ils ne se contentent pas de dupliquer un modèle existant : ils sont originaux et naissent des lieux-mêmes où ils sont conçus.

En quoi les actions menées par les femmes qui concourent à ce prix vous semblent essentielles ?
Je crois que ce qui est très important c’est la vision de ces femmes : une vision globale, qui embrasse l’ensemble de la planète et qui est capable d’entraîner tout le monde. Et ce qui est très intéressant, c’est que tous ces projets ne se contentent pas de dupliquer un modèle (français ou autre) ailleurs : ce sont des projets originaux, qui naissent des lieux-mêmes où ils sont créés. Dans chaque coin de la planète il y a une nouvelle initiative qui naît, et qui est complètement adaptée au paysage, à la culture, aux mœurs locales, qui intègre les différences, le respect des cultures.

 

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