Agroforesterie : pourquoi l’arbre redevient un allié des agriculteurs

Dans les années 1960 et 1970, le remembrement agricole a fait disparaître des milliers de kilomètres de haies en France, pour agrandir les parcelles et faciliter le passage des machines. En Italie, l’association AVEPROBI travaille aujourd’hui avec un collectif d’agriculteurs pour replanter ces haies, cette fois avec plus de 50 espèces indigènes différentes. L’objectif est simple : moins d’érosion, plus d’eau retenue dans les sols, des rendements qui tiennent mieux face aux sécheresses répétées de ces dernières années.

L’arbre protège du vent et de la chaleur

Une haie ralentit le vent et limite le dessèchement des cultures qui se trouvent juste derrière. Elle amortit aussi une partie des dégâts en cas de tempête. L’ombre qu’elle projette aide le bétail à tenir pendant les épisodes de forte chaleur, et garde le sol un peu plus humide en dessous. Sur une exploitation entière et sur plusieurs années, ces effets finissent par peser sur le rendement.

Les racines travaillent sous la surface

Les racines stabilisent la terre et limitent l’érosion. Elles améliorent aussi la circulation de l’eau dans le sol, et certaines vont chercher des nutriments dans les couches profondes que les cultures de surface n’atteignent jamais. Les feuilles tombées se décomposent et finissent par enrichir cette même terre. Dans le Gâtinais, où la Fondation replante des haies depuis 2015 avec le paysagiste Olivier Jacqmin, les premiers effets sur la structure des sols ont mis plusieurs années à devenir mesurables.

La biodiversité revient dans les parcelles agricoles

Une haie abrite des oiseaux, des insectes, des petits mammifères et des pollinisateurs. Certaines de ces espèces régulent des ravageurs ou pollinisent directement les cultures voisines, un service que l’agriculteur touche sans avoir rien eu à faire de plus.

Chaque projet s’adapte à la ferme

Il n’existe pas de méthode standard. Certains agriculteurs restaurent des haies en bordure de parcelle, d’autres plantent au milieu des cultures ou autour des zones d’élevage, selon le sol, le climat et le type de production. Dans le Gâtinais, c’est un agriculteur du secteur qui a choisi lui-même les emplacements des nouvelles haies, en fonction de ses propres contraintes de terrain.

Un savoir ancien, des outils actuels

L’agroforesterie s’appuie sur des pratiques que les paysans connaissaient déjà il y a un siècle, combinées à des connaissances techniques plus récentes sur les sols et le climat. Avec Plant for Life, nous soutenons ce type de projet en France comme en Italie, aux côtés d’agriculteurs qui restent maîtres des choix sur leurs propres terres.

 

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