Biodiversité : pourquoi faut-il reconnecter les espaces naturels ?

En Seine-et-Marne, le bocage du Gâtinais a longtemps souffert du remembrement agricole des années 1960-70 : des kilomètres de haies rasés pour agrandir des parcelles, des bois qui se sont retrouvés isolés au milieu des cultures. Depuis 2015, le paysagiste Olivier Jacqmin, via sa structure Planteïs, organise avec la Fondation Yves Rocher des chantiers de plantation pour redessiner ce bocage haie après haie. Un agriculteur du secteur résume bien pourquoi : au-delà de filtrer les produits phytosanitaires qui débordent sur ses terres, il voulait simplement revoir des lapins et des daims gambader sur sa parcelle, chose qu’il n’avait plus observée depuis des années.

C’est tout l’enjeu de la reconnexion écologique. Un bois ou une mare peuvent sembler préservés, mais isolés au milieu de routes ou de cultures, les espèces qui y vivent finissent par manquer d’espace pour se nourrir, se reproduire ou simplement se déplacer.

Quand les habitats deviennent des îles

Au fil des décennies, les paysages ont été découpés, routes, constructions, arrachage des haies pour gagner quelques mètres de rendement. Des populations animales entières se sont retrouvées enfermées dans des zones trop petites pour rester viables sur le long terme, avec plus de mal à trouver de la nourriture ou à se reproduire en nombre suffisant. Préserver un espace naturel reste essentiel, mais ça ne suffit pas s’il devient une île coupée de tout le reste.

Les corridors écologiques recréent des chemins

Une haie, une rangée d’arbres, une rivière ou une bande enherbée peuvent servir de passage entre deux habitats : ce sont les corridors écologiques. Ils n’ont pas besoin d’être immenses, leur efficacité vient surtout de leur continuité, du fait qu’ils ne s’interrompent pas au milieu du trajet. C’est exactement ce que visait le chantier du Gâtinais : ne pas planter une haie isolée, mais reconnecter un réseau qui avait été fragmenté pièce par pièce.

La reforestation peut reconnecter des territoires

Un projet de reforestation ne doit pas se limiter à la parcelle qu’on plante. La future forêt ou les futures haies peuvent-elles rejoindre un bois existant, prolonger une haie, protéger une rivière ou relier deux zones humides ? Quand ces questions sont posées dès le départ, chaque arbre planté devient un maillon supplémentaire entre des milieux qui avaient été séparés.

Les paysages agricoles ont un rôle essentiel

Les terres agricoles occupent une grande partie des territoires : elles peuvent donc accentuer la fragmentation ou, à l’inverse, contribuer à la réduire. C’est le pari de notre partenaire italien AVEPROBI, qui plante des haies composées de plus de 50 espèces indigènes sur les exploitations qu’il accompagne, de quoi offrir aux pollinisateurs des ressources, permettre aux chauves-souris de réguler certains insectes, et protéger les sols, sans que les exploitations cessent d’être productives, bien au contraire. Reconnecter les espaces naturels, ce n’est pas opposer agriculture et nature. C’est redonner au vivant une place dans des paysages qui restent cultivés.

Protéger la biodiversité, c’est penser en réseau

Avec notre programme Plant for Life, la plantation d’arbres s’inscrit dans cette logique de continuité des habitats plutôt que de plantation isolée. La protection de la planète se joue souvent dans des liens discrets : une haie entre deux champs du Gâtinais, un bois relié à une forêt voisine, une rivière bordée d’arbres qui redevient praticable pour la faune. Pour le vivant, ces passages peuvent tout changer.

 

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