Sur le bassin versant du Léguer, en Bretagne, des chercheurs ont mené des relevés sur 116 haies pour comprendre ce qu’elles apportaient à la biodiversité locale. La Fondation y a contribué en ouvrant quatre haies d’une exploitation près de La Gacilly aux inventaires. Le constat rejoint ce que beaucoup d’agriculteurs savaient déjà par expérience : une parcelle bordée de haies retient mieux l’eau, elle perd moins de terre qu’une parcelle nue.
Les haies freinent l’érosion des sols
Le vent et la pluie déplacent la terre en continu, année après année, sans que ça se voie vraiment. Un sol qui produisait bien il y a vingt ans peut s’être appauvri sans que personne ne l’ait remarqué à temps. Les racines des arbres et des arbustes maintiennent la terre en place. Le rideau végétal ralentit le vent et le ruissellement.
L’agroforesterie aide l’eau à rester dans le paysage
Lors d’une forte pluie, l’eau traverse parfois un terrain sans s’y infiltrer, surtout quand le sol est compacté ou nu. Une haie ou une bande enherbée ralentit ce mouvement. L’eau reste plus longtemps sur place, elle a le temps de pénétrer dans la terre au lieu de rejoindre directement le fossé. En période sèche, l’ombre et la matière organique accumulée limitent aussi l’évaporation. L’agroforesterie n’apporte pas d’eau nouvelle. Elle aide le territoire à mieux utiliser celle qui tombe déjà.
Une haie abrite une grande diversité d’espèces
Derrière son apparence banale, une haie forme un petit écosystème complet. Les fleurs nourrissent les pollinisateurs. Les baies attirent les oiseaux. Les branches servent de refuge. Les feuilles mortes enrichissent le sol. Quand plusieurs haies se rejoignent, elles forment aussi des chemins de circulation pour la faune. Les relevés du Léguer ont confirmé ce point sur le terrain, haie après haie.
Planter une haie demande de penser à long terme
Toutes les haies ne se ressemblent pas. Le choix des essences dépend du sol, du climat, du rôle recherché : certaines coupent le vent, d’autres retiennent l’eau, d’autres encore accueillent surtout les pollinisateurs. Il faut aussi prévoir l’entretien et laisser aux arbres le temps de grandir. Une haie plantée aujourd’hui commence à peine à transformer le paysage. Ses effets se voient vraiment dans dix ou vingt ans.
Restaurer les haies, c’est préparer les campagnes de demain
En France, plus de 23 500 km de haies disparaissent encore chaque année. Depuis 1950, le pays a déjà perdu 70 % de son linéaire de haies. C’est ce constat qui a conduit la Fondation à créer le Fonds pour l’Arbre avec l’AFAC-Agroforesteries, pour financer la plantation et la restauration de haies partout sur le territoire. Une haie peut sembler petite à l’échelle d’un paysage. Elle protège un sol, retient de l’eau, abrite du vivant. Un champ nu ne fait rien de tout ça.
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