Biodiversité : protéger aussi la nature ordinaire qui nous entoure

À deux pas de La Gacilly, en Bretagne, une prairie humide de 8 hectares a été laissée volontairement tranquille. C’est l’Observatoire de la Biodiversité de la Fondation Yves Rocher. Ici, pas de sentier bétonné, pas d’aménagement spectaculaire, juste de l’eau, des herbes hautes et le temps de laisser faire. En quelques années, 272 espèces animales y ont été recensées : des papillons de nuit, des criquets chanteurs, des libellules, et une araignée pêcheuse, la Dolomède, devenue presque la mascotte du lieu à travers une oeuvre éphémère qui la représente. Rien de rare ni d’exotique ici mais une biodiversité ordinaire, celle qui existe déjà, partout, dès qu’on lui laisse un peu de place et qui mérite tant d’être protégée.

La biodiversité commence dans les sols

Un sol vivant n’est jamais vide. Il grouille de champignons, de vers et de bactéries qui décomposent la matière et font circuler les nutriments dont les plantes ont besoin pour grandir. Quand un sol est tassé, traité ou laissé nu trop longtemps, cette vie s’appauvrit en silence, bien avant que les effets ne se voient en surface. Et c’est souvent quand les rendements agricoles commencent à baisser qu’on se rend compte que le sol lui-même s’est vidé.

Les haies sont de véritables refuges

Une haie paraît modeste à côté d’une forêt. Elle abrite pourtant, du pied jusqu’au sommet, une variété d’espèces qui surprend souvent les spécialistes eux-mêmes : oiseaux nicheurs, insectes pollinisateurs, petits mammifères qui l’empruntent pour circuler à l’abri des prédateurs et de la route. Un véritable réservoir de biodiversité si précieux et pourtant en danger. Depuis 1950, la France a pourtant perdu 70 % de ses haies, et 23 500 km supplémentaires disparaissent encore chaque année, remembrement, agrandissement des parcelles, arrachage pour gagner quelques mètres de rendement.

La plantation d’arbres peut faire revenir le vivant

Une plantation d’arbres bien pensée ne se limite pas à ajouter des troncs dans un paysage. Encore faut-il choisir des essences locales et variées plutôt qu’un catalogue générique de pépinière : c’est ce que fait l’association AVEPROBI en Italie, qui plante des haies composées de plus de 50 espèces indigènes différentes sur les exploitations agricoles qu’elle accompagne. Le retour du vivant n’a rien d’automatique, il vient quand on redonne de l’espace et de la continuité, saison après saison, pas en une plantation isolée.

Observer la nature proche change notre manière d’agir

On protège plus facilement ce qu’on connaît. C’est le sens de notre Observatoire de la biodiversité à La Gacilly : donner à voir, jumelles à la main, ce qui vit déjà à côté de nous et que l’on ne remarque plus. Une Dolomède qui chasse à la surface de l’eau ou un criquet qui chante au bord d’un chemin, ça n’a rien de spectaculaire, et c’est précisément pour ça que ça mérite d’être regardé.

Chaque territoire peut devenir un refuge

Restaurer une haie, laisser une prairie humide reprendre ses droits, préserver un vieil arbre qu’on aurait pu couper pour dégager une vue : ce sont des actions essentielles que nous soutenons depuis les débuts de notre Fondation. Avec notre programme Plant for Life, nous portons de grands projets à l’étranger, mais aussi ce travailsur les haies et les zones humides françaises si essentiel. Parce que la biodiversité commence littéralement au bout de son jardin.

 

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