Nadia Shira Cohen apiculteurs maya, Yucatan
1. Des apiculteurs, menés par Russel Armin Balan, s’occupent de leurs ruches à Tinúm, au Yucatán, au Mexique.

Le miel de Dieu

Le miel de Dieu

Lauréate 2019 du Prix Photo Fondation Yves Rocher – Visa pour l’Image, Nadia est une photoreporter américaine basée à Rome. Ses sujets de prédilection liés aux droits de l’homme, aux conflits environnementaux et à la violence urbaine lui ont permis de remporter de nombreux prix.

Au cœur du conflit entre Mayas et Mennonites

Les apiculteurs mayas considèrent que les abeilles meliponinae indigènes sont un cadeau du dieu Ah Muzen Cab et un lien avec le monde spirituel. Pendant des siècles, ils ont fourni suffisamment de miel pour faire de la péninsule du Yucatan l’un des plus grands producteurs mondiaux. Mais ces dernières années, les ruches ont disparu et l’approvisionnement en miel a été contaminé par les pesticides.

Un agriculteur a rapporté que sa récolte est passée de 600 kilos de miel à 60 kilos en quelques années seulement. – Nadia

Cette bataille entre apiculteurs mayas et fermiers mennonites a maintenant atteint le plus haut tribunal.

Plus de 15 000 communautés touchées

Dans son reportage, Nadia rend compte du différend qui oppose quelques 15 000 communautés autochtones mayas et l’agro-industrie gérée par les mennonites du Yucatan, deux communautés très différentes qui s’accrochent à leur mode de vie et à leurs moyens de subsistance traditionnels, prises dans les puissantes forces économiques de l’industrie agricole.

À la fin des années 2000, le gouvernement mexicain a commencé à offrir des subventions aux agriculteurs désireux de cultiver du soja. 11 ans plus tard il octroya les premiers permis à Monsanto de vendre du soja OGM dans la région. Les fermiers qui ont saisi cette opportunité venaient en très grande majorité des communautés mennonites plus à même d’acheter terres et machines agricoles.

Plus de 85 % du soja cultivé par les Mennonites

Les Mennonites sont arrivés au Mexique dans les années 1970 et se sont dirigés vers la péninsule du Yucatan, où l’eau était abondante. Aujourd’hui, avec une population de près de 60 000 habitants, ils contrôlent une grande partie des terres agricoles. Selon Naayeli Ramirez, avocate spécialiste des droits des autochtones, les mennonites cultivent entre 85% et 100% du soja.

La même année où le gouvernement mexicain a délivré les permis Monsanto, l’Union européenne a ordonné que le miel contenant des traces de pollen transgénique soit étiqueté comme non biologique. Aujourd’hui, le miel produit par les agriculteurs mayas ne peut plus être qualifié de biologique en raison de l’infiltration de pesticides dans la région. Ces apiculteurs blâment également les cultures OGM et les pulvérisations de pesticides pour une baisse massive de la production de miel.

Nous pouvons prouver qu’ils ont des pesticides dans leur corps, dans l’eau, dans le sol, et les effets sont imminents, dit Ramirez

En 2015, la Cour suprême du Mexique a reconnu que les communautés mayas n’avaient pas été consultées comme il se doit et le ministère de l’agriculture a suspendu la culture du soja dans trois États. Les militants affirment que malgré les interdictions les pesticides sont toujours pulvérisés. L’eau est contaminée, tuant des animaux et affectant la santé humaine.

Ce n’est qu’un spectacle, dit Ramirez. L’impunité en droit de l’environnement au Mexique est juste la règle. Personne n’applique la loi.

Les histoires visuellement riches des groupes indigènes d’Amérique latine et des mennonites ne sont pas nouvelles. Les deux groupes sont décrits par les médias depuis un certain temps de diverses façons. Ce qui est unique dans cette histoire, c’est parfaite tempête d’argent, de religion et de politique. Les Mayas et les Mennonites s’efforcent de maintenir leur mode de vie traditionnel ainsi que les croyances qui les alimentent. L’une est utilisée par les grandes entreprises au détriment de l’autre, pour autant elles sont empêtrées dans une zone grise.

Vous aussi, vous avez un projet photo journalistique engagé, avec un regard sur l’environnement et les relations entre l’humain et la nature ?

Candidatez pour le Prix Photo Fondation Yves Rocher & Visa pour l’image et décrochez peut-être une bourse et l’exposition de vos travaux ainsi que le soutien d’artistes engagés.

Découvrez les travaux de Nadia Shira Cohen sur son site web : https://nadiashiracohen.com/

SOUTENEZ les femmes engagées
et les actions pour la biodiversité de la Fondation
#cultivonslengagement

Zeen is a next generation WordPress theme. It’s powerful, beautifully designed and comes with everything you need to engage your visitors and increase conversions.

Partager