Association Ishpingo créée par Flore Moser et antoine Vullier
Avec l'aide d'Ishpingo 20 000 arbres ont été plantés sur 55,5 ha.

Gardiens de la forêt Amazonienne

Visite terrain en Equateur

À la rencontre de nos partenaires «Atayak» et «Ishpingo», deux associations que nous soutenons en Equateur. Marine Segura, Responsable du Programme Plant for Life est partie en mission terrain en Équateur avec Jean-Philippe Beau Douezy, co-fondateur du programme aux côtés de Jacques Rocher. Marine vous raconte sa visite terrain au cœur de la forêt Amazonienne, voici son récit :

L'association Attayak

Marine : Mon périple débute en septembre. Mes affaires sont prêtes, mon impatience est immense. Hâte de plonger dans cette grande aventure. J’ai à peine le temps de réaliser que nous prenons notre envol direction l’Équateur.

Dès notre arrivée, nous sommes accueillis par Sabine Bouchat, Lauréate Belgique Terre de Femmes en 2010. Je rencontre son mari, José Gualinga, président de notre association partenaire : Atayak. José est également le fils de Don Sabino, c’est un Yachak, autrement dit une autorité spirituelle et traditionnelle de la communauté indigène à l’origine du projet Sisa Nampi. Ce projet autrement appelé « frontière de vie » n’est autre que la création d’une frontière fleurie créée autour du territoire de Sarayaku pour le protéger de l’invasion des compagnies pétrolières.

Les forêts sont leurs remparts à toute tentative d’intrusion et de destruction. Si cette grande muraille tombe, ces populations et l’environnement sont menacés par l’exploitation massive du bois et du pétrole. Depuis l’arrivée des entreprises pétrolières en 1990, ce peuple se bat pour la préservation.

Pour parvenir à Sarayaku, nous empruntons une route sinueuse pour atteindre l’embarcation. Il faut parcourir les méandres du fleuve, l’équivalent d’une journée en canoë à moteur. Nous traversons le fleuve Pastaza, rio Napo. La navigation n’est pas facile. Les courants font dériver l’embarcation.

À Sarayaku, le village est autonome. Les habitants s’affairent et s’activent à leurs tâches respectives. Lorsque je suis arrivée à la nuit tombée, le lieu est calme et l’ambiance douce. Quelques enfants sont venus nous saluer. J’ai tout de suite remarqué que ce peuple vit dans la discrétion et la simplicité.

À ce moment, Sabine nous pointe du bout du doigts nos futurs logements. L’ombre des maisons sur pilotis se reflète passivement sur la surface marécageuse. Ces maisons dégagent un certain charme d’artisanat. Attachés à leur culture, les habitants s’adaptent à la nature. Une nature les poussant parfois à rude épreuve. Lorsque le fleuve sort de son lit, il inonde et détruit une grande partie des maisons au bord du rivage.  

Le soir venu, nous nous sommes rassemblés autour d’un repas cuisiné avec soin. Ils me décrivent la vie au village, ce qui les animent et les poussent à agir. Je perçois une grande énergie collective. Ils vivent et se rassemblent en mingas pour effectuer des travaux en équipe comme l’entretien des biens communs. Plusieurs fois par semaine il faut cultiver ou entretenir le terrain de l’école. Après l’effort, je participe à ces retrouvailles autour d’une boisson traditionnelle.

José Gualinga, président association Atayak et Jean-Philippe Beau Douezy, co-fondateur Plant For Life

Ce peuple a un mode de vie différent et une santé adaptée à ce que la nature peut lui délivrer. Lors de nos excursions, j’ai été fascinée par la rapidité avec laquelle ils évoluent et se déplacent dans une forêt parfois hostile. Il faut avoir l’œil partout et être à l’affût du moindre mouvement. Cependant, nous étions bien accompagnés.

J’ai continué mon périple au cœur de cette forêt vierge, évitant les rayons d’un soleil d’aplomb. Entre 2-3 piqûres de moustiques, je suis scrupuleusement les indications de notre guide pour éviter tout égarement. Je me sens chanceuse d’être inclus dans cette communauté et surtout reconnaissante. C’est une initiative assez rare d’intégrer la communauté indigène.

J’arrive sur le lieu du projet « frontière de vies ». C’est un terrain qu’ils ont défriché et replanté il y a 10 ans. Régulièrement entretenu, j’aperçois les premiers bourgeons naître. Par la suite, je déambule à travers le jardin botanique, l’espace de santé, la visite de l’école que la Fondation Yves Rocher a également contribué à financer avec le programme Terre de Femmes. Notre mission est double puisqu’il faut soutenir la plantation d’arbres pour protéger le territoire et préserver leur environnement.

En route ! Maintenant, direction Tena. Quel paysage spectaculaire. La forêt verdoyante est très dense. Découpée par les lignes discontinues d’un fleuve en perpétuel mouvement. À cette époque, on ne voyait pas la frontière fleurie de Sarayaku, mais lorsque les arbres fleurissent cela devient un paysage à couper le souffle.

L'association Ishpingo

Heureuse, j’arrive en visite terrain avec notre partenaire l’association Ishpingo qui a été créée par Flore Moser, première lauréate française en 2008 et Antoine Vullien.

Nous sommes toujours du côté de la forêt amazonienne, mais changement de décors, nous atteignons la civilisation. Nous constatons un grand phénomène d’urbanisation.

Historiquement, ces espaces ont été colonisés petit à petit. La population a été contrainte de cultiver des parcelles de plus en plus petites. On est dans une zone agricole. Ce n’est pas la même qu’en Europe, mais on a des champs en petite surface, des monocultures de maïs ou d’autres types de culture. Ce sont des communautés indigènes agricultrices. La Fondation Yves Rocher et ses partenaires sur place interviennent auprès de la population pour former les agriculteurs au système d’agroforesterie, de plantation d’essences locales et fournir quelques bois d’œuvre empêchant d’aller couper des bois précieux dans la forêt. Pour diversifier ses revenus, l’association s’est lancée dans la production d’huiles essentielles. Une bonne alternative !

En 2018-2019, la Fondation a soutenu la campagne de plantation. 20 000 arbres ont été plantés sur 55,5 ha. Au total, 42 agriculteurs, ingénieurs et techniciens y ont contribué. 45% des espèces sont natives d’Amazonie et d’autres espèces fruitières adaptées au climat.

Association Ishpingo

Par la suite de ma visite, je suis heureuse de constater une multitude de parcs nationaux. Ces forêts résiduelles sont importantes. J’observe des arbres mères, qui donneront naissance à de jeunes plants grâce aux graines jonchant le sol. À peine nés, ces arbres sont récoltés et accueillis dans des pépinières. Une fois arrivés à maturité, ils sont replantés dans les champs des paysans dans lesquels ils s’épanouissent facilement. Ce travail est essentiel car certaines espèces d’arbres mères se raréfient.

L’exploration continue et le moment de passer à l’action est arrivé. Nous arrivons dans la pépinière de Sindy qui abrite 5 000 plants. Réunis en minga, cette pépinière est gérée par une cinquantaine de personnes de 2 communautés. Aujourd’hui nous reconstruisons la pépinière et l’entretenons avec soin. Je rejoins un groupe de femmes, positionné en arc de cercle et partage un moment convivial tout en mettant en sachet la terre. Le sourire au visage, je ressens cet enthousiasme immense de pouvoir se retrouver.

Mes derniers mots sur cette visite terrain ?

Durant tout mon périple, j’ai été émue de voir tout le combat que Sabine et José portaient aux côtés de leur communauté. En sensibilisant aux bonnes pratiques et en agissant sur le terrain. Un acte courageux.

Il y a une histoire qui m’a particulièrement marquée. Un homme habitait en face du jardin des fleurs que l’on a visité. Cet homme possédait un arbre qu’il chérissait sur son terrain. Il y avait un lien de connexion très fort entre les deux être vivants. Jusqu’au jour où les compagnies pétrolières sont arrivées, elles ont saccagé, pillé et abattu cet arbre. Quelques jours après, mort de chagrin, cet homme est décédé comme une mère perdant son enfant. Ce tel rapport à la nature m’a bouleversé. L’arbre est sacré, c’est un totem, un point de repère, un confident, un ami. Médecin des hommes, l’arbres possède d’incroyables vertus.

Je suis heureuse qu’avec le Programme Plant for Life nous contribuons à la restauration de certaines pratiques non durables et de préservation du vivant.

Une autre vision : à travers l'objectif

Catalina Martin-Chico, notre « slow journaliste » qui « prend le temps de s’imprégner des situations humaines, de créer du lien », a accompagné cette mission de la Fondation Yves Rocher pour témoigner de la vie du peuple de Sarayaku en harmonie avec la forêt. 

Retrouvez également son témoignage de photographe terrain dans l’article dédié. 

Découvrez notre dernière visite terrain en Italie !

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