Plantation d’arbres : pourquoi faut-il planter le bon arbre au bon endroit ?

Un trou, un jeune plant, un peu de terre tassée au pied. Vu de loin, planter un arbre n’a rien de compliqué… Mais quiconque a suivi une plantation sur plusieurs années sait que la vraie question n’est pas de savoir si l’arbre a été planté. C’est de savoir s’il sera encore là dans dix ans.

Un chêne qui prospère en Bretagne ne survivra pas forcément dans un sol calcaire du sud, et une essence importée peut se comporter en envahisseuse là où on espérait la voir protéger un talus. Le sol, le climat, la présence d’eau, les autres espèces déjà installées pèsent tous dans la balance. Une plantation d’arbres réussie commence donc bien avant le jour du chantier, par une question que l’on oublie trop souvent de poser : de quoi cet endroit a-t-il réellement besoin ?

Avant de planter des arbres, il faut comprendre le territoire

La première étape consiste à observer ce qui existe. Le sol est-il sec, humide, profond, appauvri ? Quelles espèces poussent naturellement dans les environs, quels animaux fréquentent encore la zone, comment les précipitations ont-elles évolué ces dernières années ?

Les réponses ne se trouvent pas uniquement dans des études. Les agriculteurs, les pépiniéristes et les associations locales savent quelles essences ont résisté aux dernières sécheresses, lesquelles ont disparu du paysage et quels espaces mériteraient d’être restaurés en priorité. C’est en croisant leur expérience avec les données de terrain qu’une plantation d’arbres trouve sa juste place. C’est d’ailleurs pour cette raison que notre programme Plant for Life s’appuie, dans les 45 pays où il est déployé sur 71 ONG partenaires ancrées localement, avec un cahier des charges commun : des essences diversifiées et idéalement endémiques, produites sur place, sans pesticides ni engrais chimiques.

En reforestation, le nombre d’arbres ne fait pas tout

Quand on parle de reforestation, les chiffres prennent souvent toute la place. Ils comptent, bien sûr. Mais une monoculture de 100 000 plants identiques reste vulnérable au premier parasite ou à la première sécheresse venue, aussi impressionnante soit-elle sur une photo aérienne.

Une plantation diversifiée vieillit mieux. Certaines espèces enrichissent le sol, d’autres apportent de l’ombre ou retiennent l’eau, d’autres encore nourrissent les oiseaux et les insectes. En Italie, notre partenaire AVEPROBI plante ainsi des haies composées de 73 espèces végétales indigènes sur une trentaine d’exploitations agricoles. L’objectif n’est pas de planter des arbres en leur donnant les moyens de devenir, un jour, une forêt, une haie ou un corridor écologique qui vit sans l’aide des humains.

La plantation d’arbres permet à la biodiversité de revenir

Un arbre est rarement seul. Ses racines vivent en symbiose avec des champignons et des micro-organismes, ses fleurs attirent les pollinisateurs, ses branches abritent nids et passages, ses feuilles mortes nourrissent la terre. La plantation d’arbres favorise ainsi le retour de la biodiversité, parfois lentement, parfois de façon très visible dès les premières années.

Dans les paysages agricoles, arbres et haies jouent aussi un rôle de liaison : ils permettent aux espèces de circuler entre des zones naturelles devenues trop éloignées les unes des autres. Replanter, c’est aussi réparer ces liens.

L’agroforesterie : lorsque l’arbre revient dans les champs

Planter ne signifie pas toujours créer une forêt. Dans les territoires agricoles, l’arbre retrouve sa place au cœur des cultures et des élevages grâce à l’agroforesterie. Une haie protège une parcelle du vent, retient l’eau, limite l’érosion, offre de l’ombre aux animaux et accueille les pollinisateurs.

L’enjeu est loin d’être anecdotique : en France, plus de 23 500 km de haies disparaissent encore chaque année. C’est pour inverser cette tendance que nous avons créé, avec l’AFAC-Agroforesteries, le Fonds pour l’Arbre, qui soutient la plantation et la régénération de haies sur tout le territoire et forme les agriculteurs à leur préservation. Longtemps perçus comme des obstacles au travail des machines, les arbres redeviennent des alliés.

L’enjeu est loin d’être anecdotique : en France, plus de 23 500 km de haies disparaissent encore chaque année. C’est pour inverser cette tendance que nous avons créé, avec l’AFAC-Agroforesteries des actions de plantation spécifiques qui soutiennent la plantation et la régénération de haies sur tout le territoire et forme les agriculteurs à leur préservation. Longtemps perçus comme des obstacles au travail des machines, les arbres redeviennent des alliés.

Planter, puis continuer à prendre soin

Le jour de la plantation n’est que le début. Un jeune plant peut souffrir de la sécheresse, être abîmé par le gibier ou ne jamais s’adapter au sol. Il faut revenir, observer, protéger, remplacer ce qui n’a pas survécu. La réussite d’une plantation se mesure plusieurs années plus tard, quand les arbres ont pris racine et commencent réellement à transformer le paysage. Les populations locales, qui connaissent le territoire et suivent son évolution au quotidien, en deviennent naturellement les premières gardiennes.

Avec Plant for Life, nous accompagnons depuis 2007 des projets de plantation et de restauration écologique conçus pour durer : plus de 135 millions d’arbres ont déjà été plantés. En France, nos chantiers participatifs permettent à chacun de venir mettre les mains dans la terre. Envie d’essayer ? Découvrez les prochaines plantations d’arbres ouvertes au public.

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