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Anne Ribes

Côté jardin

Première lauréate du Prix Terre de Femmes en 2002, Anne Ribes a contribué à changer le paysage français en termes de soin par le jardinage. Elle est l’auteur de Toucher la terre aux éditions Médicis.

Et en plus, vous avez des fraises !

Anne, pour l’anecdote, il se trouve que ton nom signifie « cassis, groseille » en latin. Tu crois que tu étais prédestinée ?

Certainement… En tout cas, j’étais présupposée au soin d’autrui puisque j’étais infirmière de profession jusqu’à la fin des années 90.

C’est l’époque où tu changes radicalement de carrière…

Pas si radicalement que ça. J’avais toujours l’idée que la terre avait des ressources et qu’en soignant la terre, on pouvait soigner les autres. Je suis devenue jardiniste (architecte des jardins chargé également de les cultiver et de les entretenir, NDLR) mais toujours avec l’idée d’être utile aux autres.

C’est ainsi qu’est née « Belles plantes », ton association ?

Tout à fait. Avec mon conjoint, on était un peu les premiers en France à promouvoir la pratique de l’hortithérapie, le soin par le jardinage. À l’époque, c’était une pratique très peu connue des établissements de santé, malgré son efficacité.

Dans les jardins de soin, on guérit en s’occupant du vivant.

Peux-tu nous en dire plus sur les bénéfices d’un jardin de soin ?

Déjà, par définition, un jardin, c’est à l’extérieur. Rien que de faire sortir les malades de leur chambre pour les « mettre au vert », c’est déjà énorme. Le jardinage, le contact avec la nature, réveille leurs sens : odeur, ouïe, vue… Toutes ces perceptions peuvent contribuer à alléger leurs souffrances et accélérer leur guérison. Et en plus, on guérit en prenant soin du vivant.

Qu’est-ce qui a donné le coup d’accélérateur à tes actions ?

C’est vraiment à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière que tout a commencé. Grâce au Professeur Basquin, chef de service en pédopsychiatrie, j’ai pu réaliser mon premier jardin de soins. Ensuite, tout s’est accéléré. J’ai proposé mes jardins-ateliers à d’autres hôpitaux, à des centres de santé, des maisons de retraite…

Tu parles de tes jardins comme d’ateliers : pourquoi ?

L’idée, c’est vraiment que tout le monde s’implique : les patients, autant que le personnel de santé. Nous, nous sommes là pour lancer le « feu vert » (c’est le cas de le dire). On est là aussi pour s’assurer que chaque jardin est bien adapté au « public » des institutions. Par exemple, on prévoira plutôt des plates-bandes surélevées pour les personnes âgées ou handicapées. Mais ensuite, il faut veiller à ce que le jardin de soin reste animé par le personnel et que les patients se le soient bien approprié. À notre départ, ce sont eux les maîtres et maîtresses des lieux !

Pensez autrement, vivez autrement, agissez autrement.

Un conseil pour nous ?

Pensez autrement, vivez autrement, agissez autrement. Faire un jardin c’est créer un morceau de paradis. Nous le pouvons toute suite. Faire un jardin, c’est une révolution douce. Et en plus, vous avez des fraises…

Plus d’infos sur le projet d’Anne : 

Site Associations Belles Plantes

Vous aussi, vous avez un projet en faveur de la biodiversité, avec une visée sociale et environnementale ? Vous cherchez à être soutenue ?

Candidatez au Prix Terre de Femmes et décrochez peut-être une bourse et le soutien de tout un réseau de femmes engagées.

 

 

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