À Elne, dans les Pyrénées-Orientales, un ancien parking désimperméabilisé de 200 m² est aujourd’hui un jardin-forêt qui produit une centaine d’espèces comestibles. Claire Mauquié, à l’origine du projet, était partie d’un constat simple : l’alimentation française repose sur une soixantaine d’espèces végétales, alors que notre climat tempéré en permettrait plus de 7 000. Depuis, le mouvement compte 13 jardins dans la ville et une pépinière citoyenne. Rien de tout cela n’est parti d’une stratégie nationale de développement durable, tout est parti d’un parking vide et d’une idée qu’on pouvait tester à petite échelle.
C’est souvent comme ça que les choses avancent sur le terrain : moins par grande stratégie que par réponse à un besoin très concret, un sol qui s’érode, une source qui se tarit, des habitants qui veulent simplement préserver un espace auquel ils tiennent.
Le développement durable ne se copie pas d’un territoire à l’autre
Une méthode efficace à Elne ne fonctionnerait pas nécessairement à l’identique ailleurs : le climat, les sols, les habitudes alimentaires et les ressources disponibles changent d’un endroit à l’autre. Il faut donc adapter chaque projet plutôt que d’appliquer un modèle standard, et surtout prendre le temps de comprendre les contraintes locales avant d’agir. Pour une fondation écologie, soutenir le développement durable signifie accompagner des initiatives qui répondent à un territoire précis plutôt que lui imposer une solution pensée ailleurs.
La plantation d’arbres peut répondre à plusieurs besoins
Une plantation d’arbres peut protéger un sol, retenir l’eau, créer de l’ombre ou favoriser le retour de la biodiversité, et selon les régions, apporter aussi des fruits, du fourrage ou des revenus complémentaires. À Madagascar, Delphine Roullet, primatologue et lauréate Terre de Femmes, mène depuis plus de quinze ans un projet de restauration forestière pour protéger le Grand Hapalémur, une espèce en danger critique d’extinction. Avec son association Helpsimus et des associations villageoises locales, elle restaure des forêts dégradées qui servent à la fois de refuge à l’espèce et de corridor écologique. Le même geste, planter des arbres, répond ici à un enjeu de conservation, alors qu’ailleurs il répond à un enjeu alimentaire ou agricole.
Les projets durables associent l’humain et le vivant
La protection de la nature ne tient pas dans la durée si elle ignore les personnes qui vivent avec elle au quotidien. À Elne, le jardin de Claire Mauquié n’a fonctionné que parce que des voisins se sont mobilisés dès le premier jour pour l’entretenir, sans eux, le parking serait probablement resté un parking. Un projet qui améliore aussi la vie locale trouve plus facilement sa place : une forêt restaurée protège une ressource en eau, un jardin nourricier réduit une facture alimentaire, une pépinière crée une activité pour le quartier.
Les femmes inventent des réponses très concrètes
À travers Terre de Femmes, programme créé en 2001, nous avons déjà accompagné plus de 500 lauréates dans 50 pays, pour plus de 2 millions d’euros de dotations distribuées. Leurs projets partent presque toujours d’une observation très concrète du quotidien, un parking vide, une espèce qui disparaît, une source qui se tarit, avant de mobiliser toute une communauté autour d’une solution. Leur engagement montre que le développement durable ne se décide pas dans un bureau : il se construit dans les villages, les quartiers, les fermes.
Agir localement sans perdre de vue l’ensemble
Un jardin à Elne ou une forêt à Madagascar ne réglera pas seul les bouleversements climatiques en cours. Mais chaque projet peut transformer un territoire, inspirer d’autres initiatives ailleurs, et rejoindre une dynamique plus large. Avec Plant for Life et Terre de Femmes, nous soutenons cette multiplication de projets très ancrés, un territoire après l’autre, avec des personnes qui ont décidé d’en prendre soin.
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