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09 Mar 16

Rencontre avec Lianne Milton, lauréate du Prix Photo 2015

Photo, peuples et nature

Lianne Milton est une photojournaliste américaine basée à Rio de Janeiro au Brésil. Son travail traduit les répercussions de la politique sur les personnes et leur environnement, dans des pays comme, l’Asie du Sud-Est, les pays Latino-Américains, aussi bien que les États-Unis. Elle est aussi membre de l’agence Panos Pictures.
En 2015, elle gagne le Prix Photo – Fondation Yves Rocher pour son projet sur l’Hinterland du Brésil. Elle travaille actuellement sur ses photographies et nous avons eu la chance de lui poser quelques questions sur l’avancée de son projet et sur son expérience en tant que lauréate du Prix Photo.

Dans cette région semi-aride du Nord Est du Brésil, appelée Sertão, les fermiers cultivent juste assez de nourriture pour alimenter leurs familles, (fermes de subsistance) et ont longtemps vécu avec des pénuries d’eau et des pluies irrégulières. Depuis 2013, la sécheresse a été la pire de ces 50 dernières années, tuant le bétail et la récolte et transformant le sol en désert salé, conséquence de cette désertification progressive.

photo 6 copyright

Le projet explorera spécifiquement les communautés de fermiers de subsistance qui vivent dans le cœur du Sertão, près du Réservoir Sobradinho – où les niveaux d’eau ont baissé de 18% en 2014 – et du plus long et plus important fleuve du Brésil, le São Francisco River. C’est là où se trouve la plus grande concentration de pauvreté rurale en Amérique latine, selon le Fonds international de développement agricole (FIDA), avec 35% de personnes vivant dans une extrême pauvreté. Cette région désolée, poussiéreuse et chaude se trouve entre la forêt tropicale humide d’Amazonie à l’ouest et la côte du Nord-Est, couvrant neuf états. La plupart de la végétation est très dégradée, résultat de la déforestation pour l’élevage de bétail.

Ce projet photographique cherchera à explorer ces questions : Comment le changement climatique a-t-il eu un impact sur ces fermiers de subsistance dans le Sertão ? Comment les fermiers de subsistance font-ils pour s’adapter au changement climatique ? Comment cette sécheresse dans le Sertão illustre dramatiquement la façon dont une société traite le changement climatique ?

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur l’avancé de votre projet ?

Je pourrais travailler sur ce projet pour toujours. Le Sertão est tellement vaste qu’il couvre 9 pays mais mon travail se concentre sur l’intersection de 3 pays et sur la rivière la plus importante de la région, Rio Sao Francisco. Je voulais explorer différentes histoires, de la famille extrêmement pauvre qui a appris à s’adapter à la sècheresse (bien que la sècheresse touche aussi les familles les plus riches) à la famille de pêcheurs qui s’est tournée vers l’agriculture pour survivre lorsque le niveau d’eau de la rivière est devenu dangereusement bas. C’était important, pour moi, de  travailler avec des personnes et des organisations locales qui connaissent la région mais aussi qui connaissent la culture ce qui leur permet de replacer dans son contexte la vie au Sertão avec le reste du Brésil.

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Ça n’était pas facile de travailler avec la chaleur mais cela m’a permis de vivre au rythme de la vie locale et de mieux comprendre ce que ces personnes pouvaient ressentir. De plus, je repensais constamment l’histoire de mon projet car il y a beaucoup de sujets intéressants et pertinents à traiter dans cette région. J’ai fait 3 voyages dans la région et le temps que j’avais entre chaque voyage  m’a permis de me poser et de réfléchir sur la construction de mon projet. Cela me permettait de prendre du recul afin de mieux saisir ce dont j’allais avoir besoin lors de ma prochaine visite. Mon approche est toujours de favoriser la proximité avec les gens, c’est pour cela que j’ai toujours voulu retourner dans les mêmes endroits voir les mêmes familles. Le dernier voyage était vraiment différent des autres. J’ai eu la chance d’assister à la progression de la sécheresse, à la verdure suite aux pluies de janvier. Il a beaucoup plu et dans certaine région cela n’était pas arrivé depuis 6 ans. En passant du temps là-bas, j’ai appris de nouveaux aspects de leur culture qui n’a pas forcément de lien avec le changement climatique mais qui est le reflet de leur mode de vie et de la région. Pour moi, le Prix Photo ce n’était pas qu’une histoire. Cela représente un nouveau chapitre qui ouvre bien d’autres éléments de la région du Sertão.

 

 

 

Selon vous, En prenant du recul sur votre expérience, que vous a apporté le Prix Photo – Fondation Yves Rocher et la dotation de 8000€ ?

Le Prix Photo – Fondation Yves Rocher m’a apporté une formidable et unique opportunité, en tant que photographe, de travailler sur un projet lié à l’environnement et au changement climatique. Non seulement le Prix Photo soutient les nouveaux projets mais il y a aussi la dotation qui permet aux photographes de passer le temps dont ils ont besoin pour fournir un travail de profondeur sur le long terme. Grâce au Prix Photo – Fondation Yves Rocher, je me suis engagée sur la durée auprès de la région nord-est du Brésil et cela m’a permis de développer le prochain chapitre de mon projet au Sertão. Le plus important pour moi, c’est l’exposition de mes photographies qui me permettra de mettre en avant les enjeux environnementaux auprès du public. Concernant la dotation que j’ai reçue, elle m’a permis de réaliser un film. L’idée m’est venue pendant la construction de mon projet  et je suis d’ailleurs très reconnaissante d’avoir pu travailler avec les partenaires qui ont produit le film.

 

Pour plus d’informations sur Lianne Milton et son travail, cliquez-ici.

 

Si vous souhaitez candidater au Prix Photo – Fondation Yves Rocher, c’est ici !

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