27 Nov 15

Puy de Dome – Auvergne : Prenez-en de la graine !

Plantons pour la planète

A l’origine du végétal, il y a la graine.

 

Le troisième rendez-vous de la saison d’actions participatives du programme Plantons pour la Planète avec la Fondation Yves Rocher se tenait en Auvergne par une belle, mais fraîche matinée de novembre. Et pour une fois, les tribus de planteurs se sont retrouvées sans pelles, ni pioches… car il n’était pas question de planter des arbres aujourd’hui. La Fondation Yves Rocher a mobilisé ses troupes pour une journée de travaux autour des graines. En effet, la Mission Haie Auvergne, menée par Sylvie Monier et partenaire majeur de la Fondation Yves Rocher, travaille depuis 2010 à la mise en place d’une filière de production de plants champêtres garantissant l’origine locale de la graine.  Un capital génétique essentiel à la bonne santé de la flore ici en Auvergne où le climat difficile impose des végétaux du cru capables de résister à la rigueur de la météo. Pour participer à cet atelier autour des graines les brigades vertes se sont retrouvées dans la ferme de Bruno Gourdon dans la petite commune de Laqueuille dans le Puy-de-Dôme. C’est là, dans la grange, à côté des vaches laitières de Bruno, toutes nourries aux aliments bio, soignées à l’homéopathie, et agréablement massées par un rouleau sollicité en permanence et avec délectation par les bovins, que les équipes prennent place pour travailler.

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Sylvie Monier, directrice de Mission Haie Auvergne mais aussi lauréate du prix Terre de Femmes de la Fondation Yves Rocher en 2008 est en charge de cet atelier. Elle explique aux équipes la technique pour récolter les graines, mais aussi l’importance du conditionnement et de l’étiquetage : « Vous devez écrire, la date du jour, le nom de la commune et le nom du végétal. La traçabilité est importante pour le label filière végétale locale. On doit pouvoir remonter jusqu’au pied mère. » Marie-Chantal, partenaire du magasin Yves Rocher de Mauriac, a laissé son magasin à ses équipes pour participer à cet atelier autour des graines locales. Accompagnée de Céline, une fidèle cliente de la marque et de son mari, ils trient des graines. Céline est une fidèle du programme Plantons pour la Planète. Elle préfère donner les points de sa carte fidélité systématiquement pour les voir se transformer en arbres plutôt que de profiter de cadeaux.  « C’est important de voir que l’action de la Fondation Yves Rocher concerne aussi la France mais surtout l’Auvergne. Non seulement on plante en Auvergne, chez nous, mais on fait aussi des graines ! » Motivé, le trio ne ménage pas sa peine. Pommier, prunelle, Aubépine, et autres, ils extraient avec soin les graines des fruits ou des pulpes pour les trier dans des boites et marquer leur provenance. « L’aubépine c’est pas facile » soupire Marie-Chantal. « J’avoue que cette activité est une surprise. Je m’attendais à planter des arbres… mais on fait des graines. Je ne regrette pas d’être venue, car cela fait sens.

« Avant de planter des arbres, il faut bien des graines. C’est par là que tout commence ! On a tendance à l’oublier ! »

Nicolas Lachaze supervise et accompagne toutes ces petites mains qui s’affairent. Fils de sylviculteur, devenu ingénieur en structure, il s’est converti professionnellement depuis deux ans pour devenir pépiniériste. Partenaire essentiel du projet du label « végétal local » avec la Mission Haies Auvergne, il est le pépiniériste qui fait naître les plants pour fournir ensuite des végétaux certifiés 100% auvergnats. « Ce label est important » insiste Nicolas Lachaze. « Quand on regarde nos houes ils ressemblent à n’importe quels autres, mais si on les touche, on se rend compte qu’ils sont plus ardus, plus piquants. Leur capital génétique leur donne ces caractéristiques. Ils sont plus résistants. Depuis le début de mon activité de pépiniériste je reçois énormément de demandes. Les gens sont prêts à payer deux fois plus cher pour avoir des plants de la région qui tiendront longtemps. » Convaincu de la démarche et des valeurs portées par Sylvie Monier et la Mission Haie Auvergne, Nicolas s’est lancé dans l’aventure. Il a investi 50 000 euros, s’est privé de revenu pendant deux ans alors que son métier d’ingénieur lui permettait de vivre confortablement.  Mais pour Nicolas qui a  grandi en Auvergne en apprenant à planter des arbres, à  prendre  soin des ruchers et de la nature, la richesse est ailleurs… et il l’a trouvée.

 


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