Conseil des éclaireurs

La Fondation Yves Rocher- Institut de France a mis en place un “Conseil des éclaireurs” composé d’experts de divers horizons afin qu’ils échangent sur leur travaux et leurs préoccupations: Lauriane Mouysset ( CNRS), Yolaine de la Bigne ( Neoplanète), Bénédicte Faivre Tavignot ( HEC), Pierre-Henri Gouyon (Muséum national d’Histoire naturelle), et Raphaël Souchier ( Consultant et expert de l’économie locale).

Lauriane Mouysset

Docteur en économie écologique, Lauriane Mouysset est chargée de recherche au CNRS. Après un cursus en économie de l’environnement et en écologie à l’École normale supérieure, elle a poursuivi ses recherches au Muséum national d’Histoire naturelle puis à l’Université de Cambridge. Développant des modèles interdisciplinaires, elle mène une réflexion sur la gestion durable de nos sociétés au sein des écosystèmes dans lesquels elles évoluent.  Au cours de son doctorat au Muséum national d'Histoire naturelle et son post-doctorat à l'Université de Cambridge (UK), elle a plus spécifiquement travaillé sur la question agricole et les politiques publiques agricoles confrontées au défi de la biodiversité.


Livre : « Repenser le défi de la biodiversité »

L’ouvrage de Lauriane Mouysset constitue une introduction synthétique à l’économie écologique, présentée par l’auteur comme « un courant universitaire qui pourrait être interprété comme le pendant scientifique de l’écologie politique ». Elle y propose essentiellement une présentation de la méthodologie et des ambitions théoriques d’une discipline récente dont l’objectif est de proposer une nouvelle manière d’envisager conjointement les problèmes économiques et écologiques avec, en ligne de mire, la volonté d’offrir une aide à la décision aux politiques publiques. Si l’économie écologique peut s’appliquer à différents types de problèmes écologiques, ce sont ici les questions de la biodiversité et de sa préservation qui sont au cœur de la réflexion.

Yolaine de la Bigne

Journaliste de presse écrite et radio (France Inter, RTL, France Info, Europe 1), auteur de plusieurs livres, Yolaine de la Bigne a été l’une des premières « rurbaines » en s’installant à la campagne tout en continuant à travailler sur Paris, sautant de TGV en TER pour assurer notamment sa chronique quotidienne sur France-Info « Quelle Epoque Ethique ».


Déjà sensibilisée à la nature grâce à ses collaborations avec Nicolas Hulot pour l’émission Ushuaïa, c’est là qu’elle a pris réellement conscience de l’urgence d’agir et s’est lancée dans diverses actions pour défendre l’environnement : replanter des kilomètres de haies bocagères avec son mari l’architecte-paysagiste Régis Guignard (ce qui lui a valu en 2002 le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher), tenir la page « Ecolo-J » dans le magazine Jonas (2001), écrire des chroniques radio « les bonnes nouvelles de l’environnement » pour Nature et Découvertes diffusées sur une centaine de radio-locales (2006),  créer la Fêt Nat’ (dès 2006 : fête de la nature et de l’écologie sur Paris avec défilés de mode, ateliers de recyclage, spectacle…), un événement qui lui vaut d’être Femme en Or 2007

Elle publie « L’agenda vert 2009 » chez Arthaud et lance en 2007 le premier gratuit sur l’environnement, Néoplanète, son site www.neoplanete.fr  et la première web-radio mêlant musique 24h/24 et infos sur la défense de la planète.

Très impliquée dans l’environnement, notamment au travers de son site et de son journal (Néoplanète), elle est aussi une féministe convaincue, appartenant à cette nouvelle génération de femmes décomplexées, sexy, drôles, apaisées avec les hommes, qui veulent changer les mœurs et combattre, en particulier, la violence faite aux femmes, hélas, toujours terriblement présente dans nos sociétés. Son dernier ouvrage, « Sois belle et bats-toi », paru en 2012, « manifeste féministe des femmes féminines », milite pour un monde plus juste et plus tendre entre les femmes et les hommes.

Considérant que l’information environnementale est aujourd’hui partagée par tous et amplement reprise dans les médias, Yolaine de la Bigne se consacre dorénavant à un autre angle de la protection de la planète : l’intelligence animale, dans l’idée que l’homme ne pourra sauver son environnement qu’avec l’aide des animaux qui ont gardé une intelligence écologique essentielle. Elle crée en Août 2016 l’Université d’été de l’animal, au Château de la Bourbansais en Bretagne, réunissant les spécialistes de l’intelligence animale, dont les conférences sont réunies dans l’ouvrage « L’animal est-il l’avenir de l’homme? » ainsi que le site de l’Animal et l’homme, rendez-vous de l’intelligence animale (www.lanimaletlhomme.com).

Bénédicte Faivre Tavignot

Bénédicte Faivre-Tavignot est professeur affiliée en stratégie à HEC-Paris. Elle est aussi co-fondatrice et directrice de la Chaire “Social business / Entreprise et pauvreté”, et du Mastère HEC “Management du développement durable”, créés respectivement en 2008 et 2003. Elle est depuis octobre 2013 directrice exécutive du Centre SnO (Society&Organizations), chargé d’intégrer l’innovation sociétale dans l’enseignement d’HEC.


Elle est membre fondateur de l’Action Tank Entreprise et Pauvreté.  Ses recherches portent sur les processus permettant de faire des projets d’économie inclusive des leviers d’innovation inversée et de renouveau stratégique pour les entreprises. Avant de revenir à HEC en 2003, elle a travaillé une dizaine d’années en Contrôle de Gestion chez Philips puis dans le Conseil en Management / Organisation chez Euréquip.

Elle est diplômée d’HEC en 1988 et obtient son doctorat à l’Université de Lyon 3 en 2012.

Livre : Social business et base de la pyramide

Les projets de social business ou BoP (Base of Pyramid) menés par les multinationales des pays développés dans les pays émergents ont un double objectif. Ils permettent aux populations pauvres d’acheter des biens et services auxquels elles ont peu accès et constituent également de nouveaux relais de croissance pour ces grandes entreprises. Au-delà de cet enjeu de développement, ces projets initiés avec les populations pauvres et les acteurs de la société civile sont de puissants leviers d’innovation, voire d’innovation inversée, et même de renouveau stratégique. Dans son livre, Bénédicte analyse en détail les cas d’initiatives BoP des multinationales comme Danone, Schneider Electric, Renault, Essilor ou Bel. Elle explore leur rôle novateur dans la stratégie de ces entreprises, leur permettant ainsi de se réinventer et d’être simultanément plus durables et compétitives face aux défis environnementaux et sociaux.

Raphaël Souchier

Raphaël Souchier vit en Bretagne. Auteur et conférencier, il intervient aussi comme consultant européen en économies locales durables et en intelligence collective. Au cours des 25 dernières années, il a animé pour l’Union Européenne onze réseaux de coopération et projets d'échange d'expériences entre collectivités, universités et entreprises à travers le continent. Polyglotte, il a vécu dans divers pays, dont les Etats-Unis. Il est aussi intervenu en tant qu'expert auprès de l’UNESCO, de l’UNHCR et du Conseil de l’Europe. Il est titulaire d'un MBA (HEC Paris) et diplômé des universités de Paris (Licence de sociologie; DEA d’ethnologie et science des religions; DU de médiation et gestion des conflits).


 

Livre : Made in local, Emploi, croissance, durabilité: et si la solution était locale?

Après les folles décennies du tout-finance, le temps est venu de ré-enraciner nos économies…
Notre nourriture, notre énergie, notre santé, notre argent… Dans bien des domaines, des logiques mondialisées dirigent notre quotidien, non sans dérives. Il existe pourtant des alternatives : un mouvement de rééquilibrage se développe, qui réhabilite le local, la coopération, les circuits courts, le développement durable, la démocratie.

Parti à la rencontre de nombreux entrepreneurs qui, en France et ailleurs, se sont engagés dans cette voie, Raphaël Souchier rapporte leurs expériences, de la création de systèmes locaux de nourriture à la relocalisation industrielle, de l’invention d’outils de financement à celle de nouveaux médias. Il s’intéresse en particulier au mouvement BALLE, pionnier de cette nouvelle approche, qui réunit plus de 30 000 entreprises locales dans 80 villes et régions d’Amérique du Nord.

Entrepreneurs, commerçants, agriculteurs, universitaires, citoyens des deux continents ont partagé avec lui leurs défis, mais aussi leur vision et leur engagement quotidien pour changer la société et pour reconstruire leurs territoires.Peu à peu se dessinent les contours d’une « nouvelle économie locale » qui redonne du sens au travail et à la coopération, permettant à des territoires entiers de revivre. Et si le local était la solution ? Made in local rend accessible tout un vivier d’idées, d’expériences et d’outils pour penser et vivre l’économie autrement.

 

Pierre-Henri Gouyon

Pierre-Henri Gouyon est né le 25 décembre 1953. Admis à l’Agro (Institut National Agronomique Paris-Grignon, aujourd’hui AgroParisTech) en 1972 il devient ingénieur agronome en 1975, obtient un doctorat de troisième cycle en écologie à l’Université de Montpellier en 1976 puis passe une thèse de Docteur Ingénieur en génétique à l’Agro en 1978, une thèse de Doctorat d’état ès Sciences à l’Université de Montpellier en 1982 et un DEA en Philosophie à l’Université des Lettres de Montpellier en 1984.


Recruté comme enseignant à l’Agro en 1976, il a été professeur à l’Université de Paris-Sud (Orsay) de1988 à 2005 et à l’École Polytechnique de 1994 à 2008 (vice-président du département de biologie 2001-2006).

Il a assuré diverses responsabilités au sein du conseil de département des sciences de la vie du CNRS (directeur scientifique adjoint en 2000-2001). Il a fait partie du comité opérationnel d’éthique dans les sciences de la vie du CNRS, du Conseil National des Universités, du Comité National de la Recherche Scientifique, du comité “Écosystèmes et développement durable” de l’ANR, du Conseil Scientifique des Conférences Jacques Monod du CNRS et du comité d’éthique de l’INSERM.

Il est actuellement professeur au Muséum national d’Histoire naturelle (depuis 2005), à l’AgroParisTech (depuis 1988), à Sciences Po (depuis 2009) et à l’ENS (depuis 2012) et réalise ses recherches au sein de l’équipe de botanique dans l’UMR MNHN-CNRS OSEB(7205). Il a été élu en 2008 à l’Academia Europaea (Londres).

Il donne de nombreuses conférences sur les questions ayant trait à l’évolution, à la génétique, à l’écologie, à la biodiversité et à la bioéthique. Il est largement impliqué dans les débats concernant les relations science-société en général. Plus particulièrement, il se préoccupe d’une part des conséquences sociales de la théorie néodarwinienne de l’évolution sur notre perception du vivant et d’autre part de la culture de plantes transgéniques. Il appartient ou a appartenu à divers comités nationaux en lien avec les questions de Science dans la Société et a été le rapporteur du groupe 1 (Recherche & Société) aux assises nationales de la recherche de 2004. Il est membre des Conseils Scientifiques de l’Agence Française de la Biodiversité et du Think-Tank de la Fondation Nicolas Hulot.