Plantons pour la Planète

Plantons pour nos Régions

En 2010, la Fondation Yves Rocher - Institut de France s'est engagée à planter 50 millions d'arbres d'ici 2015.
Aujourd'hui, l'opération déploie ses racines en France. Notre nouvel objectif : planter 2 millions d'arbres dans nos régions.

Planter 2 millions d'arbres

en France d'ici à fin 2015

La Fondation Yves Rocher et L'AFAC-Agroforesteries sont associées pour planter, ensemble, 2 millions d'arbres dans nos régions.
Depuis 20 ans, l'AFAC réunit et représente tous les acteurs mobilisés pour valoriser les haies champêtres et leur rôle écologique dans nos campagnes.
Avec un réseau de 83 structures réparties sur tout le territoire, l'AFAC-Agroforesteries réalise un travail de soutien pour la gestion, la plantation et l'entretien des arbres champêtres.

Pourquoi planter

des arbres champêtres ?

Les arbres champêtres paraissent ordinaires, mais ils conditionnent la préservation
de la biodiversité et des écosystèmes. Pourtant plus de 550 000 km de haies
ont été détruits.
Aujourd'hui, avec votre aide, notre défi est de les replanter.

Haute-Normandie Basse-Normandie Provence-Alpes-Côte d'Azur Midi-Pyrénées Alsace

L'arbre dans les villages

au cœur d'une démarche collective d'éducation
à l'environnement

Région : HAUTE-NORMANDIE
Lieu : Sahurs
Opérateur de l'Afac : HNNE (Haute-Normandie Nature et Environnement)

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L'arbre dans les villages

au cœur d'une démarche collective d'éducation à l'environnement

Région : HAUTE-NORMANDIE

Lieu : Sahurs

Opérateur de l'Afac : HNNE (Haute-Normandie Nature et Environnement)

Quand l'arbre déploie toutes les branches de la biodiversité.
Rencontre avec Daniel Bachelet, président de l'association du gîte du Valnaye.
A 18 km de Rouen, le village de Sahurs se situe dans le Parc Naturel régional des Boucles de la Seine Normande. Un paysage caractérisé par les prairies humides bordées de coteaux calcaires, où la forêt domaniale de Roumare est un joyau de biodiversité : 4000 ha de chênes, hêtres, charmes et conifères où abonde la faune.
C'est un véritable "poumon vert" que plusieurs associations, fédérées par Haute Normandie Nature Environnement (elle-même fédération de 90 associations) préservent et enrichisssent. Parmi ces acteurs, les membres du gîte associatif de Valnaye et l'Association de Sauvegarde et de mise en valeur de la boucle de Roumare sont engagés dans un important programme de plantations d'arbres champêtres. Pourquoi ? Parce qu'en permettant directement une foule d'activités de pleine nature, l'arbre champêtre fait de l'éducation à l'environnement un moment évident de convivialité et de plaisirs partagés. Haute Normandie Nature Environnement donne la parole à Daniel Bachelet, Président de l'association du Gite du Valnaye pour donner un aperçu du projet.

"Le gîte du Valnaye est géré de façon associative. C'est un gîte nature labellisé "Tourisme et handicap" et "Panda WWF" depuis 2002 qui a une vocation d'éducation à l'environnement.

Outre l'accueil en gîte de groupe, notre association offre de multiples activités de découverte de la faune et de la flore, en partenariat avec la fédération Haute Normandie Nature Environnement et l'Office National des Forêts : randonnées pédestres, parcours de VTT et de cyclotourisme, canoë-kayak, vélorail… A travers ces activités de pleine nature, nous sensibilisons tous les publics à la biodiversité : les touristes et les randonneurs, la population locale, les habitants de la Boucle de Roumare et les enfants des écoles des villages alentours… Sur le site de la mare de Sahurs nous leur proposons des panneaux d'information et d'identification (parcours de reconnaissance des essences forestières, gîte à insectes), des cours de greffe et de taille, des ateliers de plantation, de l'initiation à la création de refuges à insectes et nichoirs… Nous offrons encore au public l'accès à un verger de collection composé de variétés de pommes anciennes, de poiriers et de cognassiers.

De plus, nous nous inscrivons dans une démarche d'éducation populaire : nous organisons chaque année cinquante chantiers nature qui associent des instituts spécialisés d'accueil et d'insertion de personnes handicapées, des missions locales et divers organismes à notre démarche pédagogique.

L'arbre est au cœur de notre projet : mettre en valeur un espace de nature, pédagogique et convivial au cœur de la vie quotidienne des Sahuriens et autres habitants de la Boucle. Nous souhaitons que ce lieu devienne un espace de rencontres et d'échanges autour du projet collectif de préservation de l'environnement et de la biodiversité.

Entre le verger et les haies plantées précédemment, le site de plantation de Sahurs compte déjà une centaine d'arbres d'une vingtaine d'espèces différentes. Aujourd'hui, nous poursuivons activement notre programme de plantations : avec le concours de l'AFAHC et de la Fondation Yves Rocher, nous prévoyons d'ajouter 610 plants. Ce sera d'une part une haie d'arbustes fruitiers (300 plants de cassissiers, groseilliers, framboisiers et mûriers), d'autre part une haie champêtre (noisetiers, cornouillers sanguins, érables, fusains d'Europe, saules marsaults, ormes, viornes lantanes…) et enfin 10 arbres fruitiers supplémentaires viendront compléter le verger conservatoire."

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L'arbre aux abords des sources

pour garantir une eau de qualité pour tous

Région : BASSE-NORMANDIE    Lieu : Saint-Clair-sur-l'Elle
Opérateur de l'Afac : SIAEP de Saint-Clair-sur-l'Elle

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L'arbre aux abords des sources

pour garantir une eau de qualité pour tous

Région : BASSE-NORMANDIE

Lieu : Saint-Clair-sur-l'Elle

Opérateur de l'Afac : SIAEP de Saint-Clair-sur-l'Elle

Des arbres, à la source de toute vie humaine.
Rencontre avec Roland Pinel, président du SIAEP de Saint Clair-sur-l'Elle.

Saint-Clair-sur-l'Elle est un village normand de près de 900 habitants, à proximité de Saint-Lô et non loin de Bayeux, dans la Manche. Avec plus de 56 000 km de haies boisées, la Manche est le département le plus bocager de France. Et de ce fait, c'est aussi celui qui peut se targuer d'une eau d'excellente qualité.
Pour préserver cette incroyable richesse, le syndicat Intercommunal d'Alimentation en Eau Potable de Saint-Clair-sur-L'Elle travaille en concertation avec les exploitants agricoles locaux. Il est également engagé, aux côtés de la Chambre d'Agriculture et de la Fédération des Associations de Boisements de la Manche (FABM) dans une démarche de plantations d'arbres à proximité de la source. Car c'est bien l'arbre qui assure aujourd'hui et assurera demain la pureté de l'eau à Saint-Clair-sur-L'Elle et dans ses environs.

"Je suis Président du Syndicat Intercommunal d'Alimentation en Eau Potable de Saint-Clair-sur-l'Elle. LE SIAEP compte 25 communes et ravitaille 7500 abonnés sur le territoire. 7500 abonnés, c'est plus de 15 000 personnes qui bénéficient de l'eau potable. C'est un enjeu vital pour la population locale.

L'eau de Saint-Clair et de ses environs provient d'une source qui date des années 1940 et qui est située au coeur d'un périmètre de 160 ha et qui depuis toujours a un taux de nitrate faible (25 mg / litre). Notre rôle, c'est de préserver cette source, de la mettre à l'abri des pollutions de toutes natures et de favoriser un environnement sain autour d'elle. Les terres situées à proximité de la source nous appartiennent et nous les mettons à disposition des agriculteurs sous certaines conditions d'exploitation qui doivent précisément être respectueuses de la biodiversité.

L'arbre a aussi un rôle capital à jouer dans la protection de l'eau que nous buvons tous les jours. La haie, en particulier a des fonctions essentielles : on sait qu'elle absorbe les nitrates et dégrade les substances actives, mais elle a aussi pour fonction de réguler la vitesse d'écoulement de l'eau de ruissellement. L'ensemble arbres et talus favorise l'infiltration dans le sol grâce à l'action des racines. Il constitue encore une sorte de barrage pour tous les éléments emportés lors des épisodes pluvieux, de façon à ce qu'ils soient conservés sur la parcelle. Enfin, il évite les phénomènes d'érosion, responsable d'une détérioration importante de la qualité de l'eau des rivières.

Nous avons donc entrepris depuis 2007 de reboiser 3,10 hectares dans le périmètre de la source. Des haies bocagères et des boisements forestiers ont été plantés, avec le concours de la Chambre d'Agriculture et de la FABM. Aujourd'hui, avec les acteurs locaux et le soutien de la Fondation Yves Rocher, nous engageons la plantation de 690 mètres linéaires soit 690 plants pour prolonger notre action de préservation de la source de Saint-Clair-sur-l'Elle."

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L'arbre dans les potagers bio

pour créer un lien entre producteurs
et consommateurs

Région : PROVENCE-ALPES-CÔTE D'AZUR    Lieu : Venelles
Opérateur de l'Afac : Potager-verger bio
de Saint-Hippolyte

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L'arbre dans les potagers bio

pour créer un lien entre producteurs et consommateurs

Région : PROVENCE-ALPES-CÔTE D'AZUR

Lieu : Venelles

Opérateur de l'Afac : Potager-verger bio de Saint-Hippolyte

À la "ferme de famille", l'arbre nourrit le corps et les esprits.
Rencontre avec Matthieu Méniolle d'Hauthuille, maraîcher en agriculture biologique.

A Venelles, petite ville des Bouches du Rhône, on parle "avé l'accent" et avec bienveillance de "Saint-Hippo ». Saint-Hippolyte, c'est le potager-verger bio de Matthieu Méniolle d'Hauthuille, situé au coeur du merveilleux paysage de la Plaine d'Aix, qui évoque immanquablement les couleurs des Cézanne et la poésie de Giono. Mais la sururbanisation guette la zone et tandis que la déprise agricole menace, un ancien journaliste globe-trotteur décide de s'y installer comme "fermier de famille", pour être à la fois au contact de la nature et de tous ceux qu'elle nourrit.

"Je suis un jeune maraîcher… De 44 ans! Je me suis installé comme agriculteur il y a un an. Avant cela, j'étais journaliste, correspondant en Afrique pour plusieurs médias francophones. Puis, j'ai beaucoup voyagé et au moment où je suis rentré en France, j'ai eu du mal à vivre de ma plume comme auparavant. J'ai un temps fait mon métier de journaliste comme bénévole pour une radio spécialisée dans les questions d'environnement et à force de m'intéresser au sujet, j'ai eu envie d'aller plus loin et de changer carrément de vie. J'avais la chance d'avoir des terrains au nord d'Aix-en-Provence et j'ai appris qu'une Association pour le Maintien d'une Agriculture de Proximité s'était créée non loin de là. J'ai alors pris contact avec le maraîcher de cet AMAP et nous avons sympathisé : il y avait de la demande de fruits et légumes bio, et donc de la place pour deux. Il m'a encouragé à le rejoindre. Et il a commencé à me transmettre son savoir.

Je voulais me professionnaliser, j'ai pris contact avec la Chambre d'Agriculture des Bouches du Rhône qui m'a orienté vers une toute nouvelle formation, destinée précisément aux personnes comme moi, qui deviennent exploitant agricole après avoir connu d'autres expériences professionnelles : le parcours éco-paysan. En novembre 2011, j'ai commencé à cultiver des légumes de saison et des fruits de variétés anciennes et oubliées en agriculture biologique.

Pour protéger mes cultures de la violence du Mistral… j'ai tout de suite mis en place une haie brise-vent sur mon exploitation. Ma haie a aussi pour fonction d'accueillir des insectes auxiliaires et des oiseaux. Au printemps 2012, j'ai planté 200 arbres de 14 variétés différentes.

C'est par le biais de la Fédération Nationale des Centres d'Initiatives pour Valoriser l'Agriculture et le Milieu rural (CIVAM) que j'ai été mis en relation avec l'AFAHC. Quelques jours seulement après avoir contacté cette association, j'ai été rappelé pour le projet de spot emblématique du programme "Plantons pour la planète" de la Fondation Yves Rocher.

Grâce à ce projet de spot, et le soutien une dizaine de planteurs bénévoles de l'AMAP, nous enracinerons 100 arbres fruitiers supplémentaires cet automne sur ma parcelle.

Pour moi, c'est essentiel de faire participer les gens que je nourris à la démarche globale de mon potager-verger bio et de les inviter à planter avec moi. Je me conçois comme un "fermier de famille", quelqu'un qui nourrit ses proches, au sens large du terme. C'est une vision des choses à la fois évidente, ancestrale et en même temps complètement pionnière."

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L'arbre sur une ancienne gravière

pour créer un écrin de biodiversité ouvert à tous

Région : MIDI-PYRÉNÉES    Lieu : Bessières
Opérateur de l'Afac : Arbres et Paysages d'Autan

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L'arbre sur une ancienne gravière

pour créer un écrin de biodiversité ouvert à tous

Région : MIDI-PYRÉNÉES

Lieu : Bessières

Opérateur de l'Afac : Arbres et Paysages d'Autan

Et la tortue fit pousser les arbres…
Rencontre avec Jérôme Maran, responsable animalier du Refuge des Tortues.

Bessières, c'est un bourg d'environ 3000 habitants, situé à l'extrême nord-est du département de la Haute Garonne, à 30 km de Toulouse. Un enfant du pays, Jérôme Maran, fait la célébrité du bourg : de sa passion d'enfance pour les tortues, il a fait un métier unique qui l'a conduit partout dans le monde, et lui vaut le respect de nombreux chercheurs, la reconnaissance de plusieurs instituts et l'intérêt de la presse. Son rêve le plus fou, c'était d'offrir aux tortues un espace de vie idéale dans sa région natale et de communiquer aux siens son amour de la nature. Un jour, avec un autre passionné, il a eu l'occasion de transformer un site industriel délabré en site exemplaire de biodiversité… L'association Arbres et Paysages d'Autan s'est mobilisée pour concrétiser son projet.

"Je suis passionné depuis l'enfance par les tortues. J'en ai même fait mon métier : j'ai voyagé partout dans le monde pour les découvrir dans leur milieu naturel. Je suis allé au Maroc, en Côte d'Ivoire, au Gabon… J'ai rencontré des dizaines de chercheurs, de scientifiques, qui m'ont accompagné dans mon projet fou d'inventorier un maximum d'espèces. J'ai été lauréat de plusieurs fondations : la Bourse de la vocation, la Bourse Nature & Découvertes, la Bourse Ushuïa-Nicolas Hulot, la Bourse Déclic Jeunes de la Fondation de France…

Et puis un jour, j'ai rencontré quelqu'un d'aussi passionné que moi, Etienne Despouy. Lui, sa passion, c'est les vaches, et toutes les races domestiques en voie de disparition. De ce fait, il est autant préoccupé que moi des questions de biodiversité. On a décidé de monter ensemble à Parc à Tortues dans la région de Toulouse. On a racheté une ancienne gravière avec un plan d'eau de 14 hectares. La gravière de Bessières était un ancien site industriel d'extraction de galets. Ce type de carrière pose un vrai problème environnemental car elles sont en contact direct avec les nappes phréatiques. Il était donc indispensable avant toute chose d'y replanter des arbres.

Nous voulions mettre des haies et des arbres champêtres, parce que ce sont d'incroyables réservoirs de biodiversité. Pour cela, nous nous sommes rapprochés de l'association Arbres et Paysages d'Autan, qui nous a recommandé des essences adaptées au terroir : des pruneliers, des chênes, des aulnes… Ensemble, nous avons planté 4500 arbres sur le site en 7 ans.

L'idée, c'était aussi d'ouvrir un espace de nature au public. Pour faire comprendre l'importance de la biodiversité. Le vecteur, c'est la tortue, parce que c'est un animal sympathique et étrange à la fois, qui émerveille, qui intrigue, qui donne envie de savoir comment elle vit. Pour qu'elle vive, il faut de la végétation. Et que cette végétation soit accueillante pour toutes les espèces. Notre parc est à la fois un lieu de promenade et de repos, où l'on trouve des zones ombragées pour s'arrêter pique-niquer (c'est ça aussi le bénéfice de l'arbre pour l'humain!) et un espace naturellement pédagogique sur toutes les questions d'environnement.

Nous continuerons à y planter des arbres, nous le refuge des Tortues avec l'association Arbres et Paysages d'Autan et désormais avec le soutien de la Fondation Yves Rocher. 200 tiges seront plantées le jour-même de l'événement, mais en tout, nous prévoyons d'enraciner 500 arbres d'ici à deux ans."

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L'arbre en culture
céréalière bio

pour faire de la santé un enjeu partagé

Région : ALSACE    Lieu : Erstein
Opérateur de l'Afac : AMAP Céréales Paysannes

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L'arbre en culture céréalière bio

pour faire de la santé un enjeu partagé

Région : ALSACE

Lieu : Erstein

Opérateur de l'Afac : AMAP Céréales Paysannes

Planter des arbres ensemble pour faire de la santé un enjeu partagé.
Rencontre avec Arsène Bingert, agriculteur bio.

Erstein, commune du Bas-Rhin sise à 25 km de Strasbourg, dans la région historiquement riche de l'Alsace, en proie à une forte pression foncière. Ici, le remembrement des années 1960 a causé moins de ravages qu'ailleurs, mais l'agriculture intensive a durablement malmené les plaines.
Largement en avance sur son temps, Arsène Bingert, pratique depuis trente ans l'agriculture biodynamique. Au début, on l'a pris pour un fou. Aujourd'hui, il est à l'initiative d'une des premières AMAP Céréales de France : il produit des variétés anciennes, locales, de qualité biologique : épeautre, soja, seigle, blé… Et on vient de la ville pour l'aider à replanter des haies.

"Je suis de ceux qui sont devenus agriculteurs dès qu'ils ont eu l'âge de tourner le volant d'un tracteur, vers 8-10 ans. A 21 ans, j'ai repris l'exploitation de mes parents, en agriculture traditionnelle. C'était au lendemain des grands remembrements et à la grande époque de l'agriculture intensive. A 25 ans, je suis tombé malade, à cause de mon travail et plus particulièrement à cause de l'usage de produits phytosanitaires. Je me suis réveillé à l'hôpital sans l'usage de mes jambes et je me suis juré que si je remarchais un jour, je cesserais à jamais de polluer la planète et de mettre en danger la santé des gens… C'est ainsi que je me suis converti au bio.

A cette période, le bio en France, c'était vu comme une lubie d'illuminé, on me traitait de fou. Il n'empêche, j'ai arrêté l'élevage et j'ai planté des asperges, des fraises, des framboises, presqu'en cachette de mes parents qui ne comprenaient pas l'intérêt de tout ça. Quand ils ont pris leur retraite, j'ai transformé toute l'exploitation en bio. On était au début des années 1980, aucune formation n'existait sur le sujet, j'ai donc appris sur le tas, en faisant simplement confiance au bon sens et en revenant à des choses toutes simples. Finalement comprendre la nature, ce n'est pas compliqué : on est bien capable de voir qu'une machine déraille si on lui retire un boulon, c'est pareil pour la biodiversité, si on arrache les arbres, il manque un maillon de la chaîne et tout le système se dérègle. En agriculture biodynamique, la haie vive est essentielle : en épurant les eaux, en préservant les micro-climats, en faisant barrage aux épandages de produits phyto-sanitaires des exploitants voisins et accueillant des insectes auxiliaires. J'ai donc commencé à replanter des arbres dès les années 1980 et je n'ai pas cessé depuis.

Quand j'ai sollicité le label Nature et Progrès, on m'a fait savoir que mon domaine manquait encore de haies. Pour une exploitation familiale comme la mienne, c'est un énorme investissement. J'ai alors eu l'idée de créer une AMAP, pour faire appel à la solidarité et recréer le lien entre le monde rural et les citadins. C'est la première AMAP céréales en France, elle a d'emblée séduit les habitants des communes alentour. Mais j'ai perçu que la vie de la ferme et les exigences d'une exploitation étaient assez méconnues des adhérents. Je les ai invités à se les approprier, au sens propre et au sens figuré : je leur ai parlé de la haie que j'avais besoin de planter, je leur ai dit "je vous laisse 3-4 ans, vous trouvez les personnes, les financements, les arbres, le temps, et la haie sera à vous."

Pour moi, cette solution, c'était évidemment la réponse concrète à un besoin, mais aussi une manière d'aller au bout de la démarche du bio : impliquer le consommateur dans la production de ce qui le nourrit. On ne peut pas vouloir du bio facilement accessible sans s'intéresser à l'environnement dans lequel il est cultivé. Consommer ne suffit pas, il faut agir, se responsabiliser par rapport à la nature. Cet automne, 800 arbres seront ainsi plantés sur mes parcelles par les bénévoles de l'AMAP céréales d'Erstein, les membres du chantier d'insertion des Jardins du Giessen et avec le soutien de la Fondation Yves Rocher. Ce seront leurs arbres, leur haie. Ainsi, les aliments de qualité qu'ils mangeront et donneront à leurs enfants, ce seront aussi pleinement les leurs.

Demain, je vais aller encore plus loin dans cette démarche de partage : je n'ai pas de repreneur pour mon exploitation mais je suis à la rechercher d'une personne partageant les mêmes convictions et principe de l'agriculture biologique. J'ai le rêve de créer une ferme associative, comme il en existe déjà plusieurs, à 30 km d'ici, de l'autre côté du Rhin."

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Les arbres champêtres paraissent ordinaires, mais ils conditionnent la préservation de la biodiversité et des écosystèmes.
Pourtant plus de 550 000 km de haies ont été détruits.
Alors replantons les arbres du bocage, restaurons les haies, reboisons au cœur de nos cultures !

Aujourd'hui,

avec votre aide,

notre défi est de planter 2 millions d'arbres,

dans nos régions.

 

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