26 Jun 18

5 QUESTIONS DE PLANTEUR À… LEX ROELEVELD

La Fondation

Peux tu te présenter ?

Lex Roeleveld – planteur. Je n’ai jamais eu une carte de visite disant profession-planteur, mais je porte ce  titre,  qui m’est attribué par la Fondation Yves Rocher, avec fierté. J’ai fait mes études à l’Université agricole de Wageningen (WUR) où je me spécialisé en élevage tropical. J’ai travaillé plus de vingt ans en Afrique et en Amérique latine sur la recherche agronomique avec des agriculteurs et le développement rural. Depuis 2003 je travaille aux Pays-Bas dans le domaine de la gestion et la protection de notre paysage, plus particulièrement par les haies et les arbres champêtres. Je suis aussi un professionnel dans le plessage de haies. D’ailleurs j’écris de temps en temps un livre ou manuel sur la plantation et la gestion des arbres et des haies. Je coordonne pour la sixième année le programme Plantons pour la planète aux Pays-Bas. Je le fais pour notre Fondation Heg&Landschap. De plus, je possède le bureau  Heggen (=Haies), bureau pour le développement du paysage.

 

Si j’avais imaginé un jour devenir planteur ?

Non. Quand j’étais gamin je me suis dit : je vais devenir vétérinaire ou explorateur. L’élevage en pays tropicaux est en fait une sorte de compromis. J’ai toujours aimé errer dans le paysage de ma jeunesse. Cela explique  peut être mon travail actuel de préserver et restaurer le paysage par la plantation et  une meilleure gestion des arbres et des haies en renforçant en même temps la biodiversité, une tâche énorme en vue de la disparition (75%) catastrophique des insectes au cours des dernières décennies. Planter des arbres est devenu tellement important pour l’avenir de nos sociétés que planteur mériterait d’être plutôt un titre honorifique.

 

De quelle réalisation es-tu la plus fière ?

Je n’ai pas de réalisation spécifique sur laquelle je suis le plus fier. Le travail que je fais est grâce à la Fondation.  Notre association essaye d’en  donner la meilleure interprétation. Renforcer la biodiversité par la plantation des arbres et en même temps sensibiliser et inciter du monde. Par la plantation d’arbres nous essayons de soutenir des initiatives sociales et de faire participer les jeunes. C’est pourquoi il y a beaucoup de photos de jeunes actifs dans notre rapport pour la Fondation. De plus nous voulons soutenir une agriculture durable avec le programme de plantation d’arbres. L’agriculture durable ne peut, après tout, pas exister sans arbres  et de plus en plus d’agriculteurs s’intéressent à planter des arbres pour des buts différents comme par exemple la production du fourrage.

Une des plus belles expériences de nature que j’ai vécue, fut  fin mai lors de la conférence EURAF2018 (Agroforesterie Européenne) aux Pays-Bas. Nous avons visité food-forest Haarzuilens où Jan Degenaar, un des participants de Plantons pour la planète, nous a parlé avec émotion sur les changements dans  la flore et la faune dans son terrain après y avoir planté avec des amis les premiers arbres et haies. Tous les jours il constate  des changements grands et petits. Quand il avait commencé il y a 4 ans il a compté 1 ou 2 espèces d’oiseaux nicheurs. Cette année il a compté 23  espèces différentes en ne  parlant pas des espèces de libellules, insectes, reptiles etc. Une amélioration spectaculaire de la biodiversité grâce à la présence des ligneux et une gestion moins intensive de l’herbe.

 

” Seul on va vite, ensemble on va plus loin”. Tu travailles avec des centaines de bénévoles, qu’est-ce que cela t’apporte ?

Sans la participation de bénévoles nous ne pourrions pas nous développer comme tel. En fait la plupart des soi-disant volontaires sont les récepteurs des arbres. Les vrais volontaires sont surtout les personnes qui nous aident les jours de plantation aux écoles ou dans les jardins écologiques de quartiers en ville. L’enthousiasme des participants est grand et important pour la réussite du projet. Pour stimuler cela nous nous assurons de livrer du bon matériel végétal indigène, d’être intéressés par les demandes de conseils et d’entretenir le contact direct avec les participants.

 

Un arbre chouchou à nous présenter ?

Mon arbre chouchou ? Difficile. Je dirai un vieux chêne têtard ou une vieille haie avec de signes de plessage d’il y a longtemps. Les deux sont rares aux Pays-Bas. J’espère que certains des arbres plantés  vont devenir des chênes centenaires. Ce type d’arbres majestueux, symbiose de l’homme et de l’arbre, merveilleux et puissant. Mais aussi une ancienne haie  sur laquelle des paysans plesseurs ont encore travaillé il y a peut-être cent ans, peut m’émotionner. Le plus beau, mon vrai chouchou : une vieille haie avec des chênes têtards.

 

Heteren, le 19 juin 2018


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