22 Dec 17

[5 QUESTIONS DE PLANTEUR À … JACQUES DETEMPLE]

La Fondation

Peut-être connaissez-vous déjà Jacques Detemple ? Il s’agit d’un planteur super chouette, découvert dans le cadre du programme Plantons pour la Planète de la Fondation Yves Rocher.  Son association Haies vives d’Alsace oeuvre en collaboration avec l’AFAC, le réseau auprès de qui la Fondation est engagée pour planter en France. Nous nous sommes récemment entretenus avec lui,  pour plus d’infos sur le métier de planteur !

1. Peux-tu te présenter et nous parler de la structure dans laquelle tu travailles ? 

Je m’appelle Jacques Detemple, je suis chargé de projets auprès de Haies vives d’Alsace. Nous travaillons historiquement sur les deux départements alsaciens et accompagnons agriculteurs et collectivités pour leur projet de plantation, du diagnostic à l’accompagnement à la plantation. Nous nous ouvrons peu à peu sur le Grand Est en raison du manque d’acteurs en Lorraine. La haie reste le dispositif agroforestier le plus plébiscité. D’autres systèmes sont minoritaires (verger communal, arbres intraparcellaires, fascines, têtards en alignement, ripisylve,…)

2. Comment est né ton souhait de devenir planteur ? Aurais-tu pu imaginer exercer ce métier ?

J’ai avant tout le souci de trouver du sens dans l’exercice de mon activité. Je me sens particulièrement concerné par les enjeux de préservation de la biodiversité et mon intérêt pour les arbres a fait le reste. La restauration et la reconstitution des habitats naturels, supports de la vie, est le premier des défis que l’Homme a à relever. Après des décennies d’une pression anthropique désinvolte, il s’agit maintenant de réparer la nature ou de lui fiche la paix.

3. De quelle réalisation es-tu le plus fier ?

La grande fierté du projet porté par Haies vives D’Alsace est d‘arriver à mettre autour de la table tous les usagers d’un site, de solliciter une intelligence collective pour faire émerger des dispositifs à la hauteur des enjeux et de réaliser ensemble (avec les habitants, les usagers et les associations du territoire) les plantations et les aménagements retenus. Il subsiste toujours un doute sur le bon choix du dispositif et des espèces végétales retenues car nous devons imaginer l’évolution du site sur un temps long avec toutes les interactions et les pressions du milieu. C’est l’expérience qui permet d’être de plus en plus pertinents sur les options retenues.

4. S’il y en a une, à quoi ressemble une journée type de planteur ?

En Alsace, il y a un vrai désir des exploitants d’être aidés par un réseau de bénévoles, et la plupart des chantiers deviennent donc participatifs. La journée commence par l’accueil des bénévoles sur le site autour d’un petit déjeuner. La plantation va bien train et chacun trouve vite ses repères et sa place grâce à un processus éprouvé. Le repas de midi est pris en commun autour d’une cuisine élaborée et concoctée par le planteur. L’après-midi se poursuit, parfois jusqu’à la tombée de la nuit pour remplir l’objectif fixé.C’est une journée riche de rencontres, d’échanges et de cette solidarité exprimée entre des bénévoles de tous horizons et l’agriculteur.

5. Un message particulier dont tu souhaiterais nous faire part ?

Les espaces naturels sont des lieux souvent confidentiels et méconnus du grand public. Ils devraient être parcourus et visités par tous, car ils permettent une expérience intime essentielle pour évoluer dans ses représentations du sauvage et de son lien avec la nature. Malheureusement, ces milieux exigent une fréquentation faible et soutenable pour perdurer. Pas le choix, invitons la nature jusqu’à nos portes 😉

+ D’infos sur l’engagement de la Fondation dans des régions telles que celle de Jacques Detemple


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